Après des concerts à Bruxelles samedi et à Longjumeau en banlieue de Paris hier, où le public lui a réclamé trois rappels, le poète québécois se préparait doucement à offrir son répertoire au public de la salle mythique, où les plus grands de la chanson ont eu rendez-vous.
«Ce qui me fait plaisir, c'est de rencontrer les gens qui seront dans la salle. Mais 1000 personnes à la Place des Arts, ou à l'Olympia, ou en Belgique, ou en Suisse, j'ai le même respect pour les gens et ça me touche de la même manière», nous a confié Gilles Vigneault avant de monter sur scène à Longjumeau, où il était l'invité d'honneur d'un festival de chanson québécoise.
«Bien sûr, on ne peut pas dire que c'est une salle comme une autre. Elle est mythique, c'est la plus connue de la francophonie. C'est comme chanter au sommet d'une montagne, mais il faut en redescendre. Pas trop vite, avec la même humilité de pas qu'on a utilisée pour monter.»
Ce qui rend Gilles Vigneault particulièrement heureux à l'idée de chanter à l'Olympia ce soir, c'est qu'il le fera devant Jean-Michel Boris, directeur de la salle pendant 47 ans, jusqu'en 2001. C'est de chanter aussi devant des amis auteurs-compositeurs-interprètes comme Julos Beaucarne, Michel Bühler, Charles Aznavour et Anne Sylvestre. «Quand on chante devant ses pairs, c'est toujours un peu plus exigeant et plus valorisant aussi.»
Malgré cette haute exigence, l'artiste reste imperméable au trac. «Avec les moyens que j'ai, je devrais! dit-il en riant. Quand j'ai dit à Jacques Brel que je n'avais pas le trac, il m'a traité de salaud! Lui, c'est connu, il allait vomir avant chaque spectacle... Ne pas avoir le trac, ce n'est pas une chose dont on se vante, je n'ai aucun mérite, mais c'est une bénédiction.»
Le spectacle que Gilles Vigneault offre en Europe est exactement le même qu'au Québec. Pour lui, laisser le spectacle tel quel où qu'il soit présenté, c'est une question de respect envers le public. La seule petite différence qu'il s'autorise, c'est un monologue sur le temps et la chanson Mon pays.
«Ici, les gens la demandent, on leur accorde. Pour eux, c'est la chanson-phare. C'est normal qu'au Québec, on ne me la demande pas puisque les gens l'ont beaucoup entendue. Ils ont beaucoup entendu Vigneault et ce serait normal qu'ils soient un peu tannés de m'entendre. Qu'ils aient l'impression de m'avoir inventé n'est pas si faux : on est fait de tous ceux qu'on rencontre.»
Écouté très attentivement hier soir, Gilles Vigneault a aussi reçu la médaille de la ville de Longjumeau. La mairie a aussi tenu à offrir des stylos à l'auteur et un pot de miel de l'endroit pour la voix de l'interprète!
À la fin, Gilles Vigneault a remercié tout le monde et particulièrement les enfants, car c'est en eux, a-t-il dit, que ses mots ont le plus d'avenir.
CROISÉ : Les membres du groupe Karkwa, à bord du même avion que moi de Montréal à Paris. Ils viennent donner quelques concerts en sol européen et retournent chez eux à temps pour le gala de l'ADISQ.
VU : Une longue publicité vidéo de Grégory Charles à bord de la navette entre l'aéroport et Paris. L'artiste était aussi bien visible sur de grandes affiches près de l'Arc de Triomphe.











