François Léveillée: éloge de la variété

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Alexandra Perron
Le Soleil

(Québec) François Léveillée aime la variété, lui qui cumule les professions d'humoriste, de metteur en scène, de comédien, de scripteur, d'animateur, de porte-parole, d'écrivain. Dans son nouveau spectacle, il s'amuse aussi à diversifier les genres. À ses monologues et à ses personnages comiques, comme Bob Cashflow ou le directeur d'école, qui posent un certain regard sur la société, il ajoute un enrobage musical, un retour à ses premières amours. Car Léveillée a commencé sa carrière comme auteur-compositeur-inter­prète.

Sur la scène du Capitole, le 4 novembre, il sera donc accompagné de deux musiciens, Nicolas Guimont à la guitare et Jean-François Valade à la contrebasse. Lui-même fera valoir ses talents de guitariste, notamment dans un duel de ballades sentimentales. François Léveillée promet un mélange sonore intéressant. «On a des visions différentes; moi, j'aime la musique manouche, je suis de l'école de la chanson française, Nicolas est plus pop et Jean-François a une belle culture musicale, il apporte un point de vue plus intello.»

La plus jeune fille de Léveillée, Sarah, fera sa première partie. «Elle a gagné Cégep en spectacle il y a deux ans comme auteure-

compositeure-interprète.» Et com­me le papa est très famille, son autre fille signe sa mise en scène.

À 57 ans, François Léveillée aime s'entourer de la relève. «J'engage toujours deux scripteurs plus jeunes pour me permettre de voir les choses différemment et d'accrocher plus de monde.» Il a travaillé ici avec Pierre Fiola et Jean-Christian Thibodeau.

L'humoriste indique que ses personnages connus reviennent le tiers du spectacle. «Mais ils ont évolué, un peu comme dans un téléroman.» Il explique que Bob Cashflow, au départ, était un homme d'affaires sans diplôme, un baby-boomer qui a réussi malgré tout. Dans son deuxième spectacle, il a commencé à avoir des préoccupations politiques. Dans le troisième, il parlait de sa santé. Finalement, dans ce nouveau spectacle, il s'humanise, consulte avec sa femme pour redécouvrir son couple, parle du syndrome du nid vide avec les enfants qui ont quitté la maison.

Autre personnage, son directeur d'école, Edouard Blanchet, est maintenant aux prises avec l'administration d'une école internationale et doit gérer les différences religieuses, le code vestimentaire et le menu de la cafétéria.

Accommodements

«Les accommodements raisonnables sont un thème récurrent dans le spectacle parce qu'on a commencé à en parler au Québec, mais on commence seulement à vivre les vraies problématiques. Si on ne prend pas de décisions rapidement, on va s'embourber. On n'est pas assez radical, il faut que le gouvernement mette ses culottes : on vit au Québec et ici on fait comme ça. Ceci dit, je me mets à la place d'un nouvel arrivant qui essaie de s'adapter, de comprendre les 22 régions touristiques avec chacune son microclimat, d'adopter une culture qu'on a nous-mêmes du mal à comprendre.»

François Léveillée s'interroge sur le sort du Québec, divisé plus que jamais, selon lui, entre Montréal et les régions. «Daniel Pinard est arrivé avec une belle définition du Québec et c'est par les produits du terroir qu'il l'a faite. Le problème, on l'a vécu en culture comme en agriculture, on a décidé que le lait, les oeufs, c'était partout pareil, mais ce n'est pas vrai. En région, le produit est différent, il faut recréer le millésime. En culture, c'est la même chose.»

Il constate par ailleurs que les préoccupations des jeunes ont changé et il respecte cette nouvelle avenue. «Quand je regarde mes deux filles, elles sont beaucoup plus écologiques, plus axées sur le sort de la planète que sur le sort de l'indépendance du Québec», note-t-il.

Projets futurs

Pour les prochains mois, François Léveillée se consacre surtout à ses performances sur scène. En parallèle, il collabore à titre de script éditeur au prochain spectacle de Sylvain Larocque. Il retournera aussi en France en avril. Il a animé cette année un gala au festival Paris fait sa comédie. Il y retournera cette fois pour faire un numéro. «Mon objectif serait de me promener en Europe et de faire des festivals, de rencontrer du mon­de, de connaître des visions différentes. J'aimerais me payer cha­que année un festival.»

Vous voulez y aller?

QUI : François Léveillée

QUAND : 4 novembre à 20h30

: théâtre Le Capitole

BILLETS : 39 $

TÉL. : www.billetech.com

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