Urs Karpatz: Tsigane pure laine

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

Sur le même thème

«Nous ne jouons pas de la musique d'inspiration... (Le Soleil, Jocelyn Bernier)

Agrandir

«Nous ne jouons pas de la musique d'inspiration tsigane, nous jouons de la musique tsigane», clame, sourire en coin, Dimitri, le fondateur d'Urs Karpatz.

Le Soleil, Jocelyn Bernier

Nadia Ross
Le Soleil

(Québec) La culture tsigane n'est pas morte, loin de là. Elle prend vie dans toute sa puissance et sa fougue à travers la formation Urs Karpatz, un regroupement de huit artistes qui fait renaître la tradition orale de ce peuple marginalisé.

Même s'il n'est pas d'origine tsigane à proprement parler, Dimitri, le fondateur du groupe, s'est toujours intéressé au mode de vie de ceux qu'on appelle aussi les Roms. Enfant, il trouvait refuge dans les caravanes qui s'arrêtaient près de chez lui et fraternisait avec ceux qui sont devenus ses grands amis.

Plus tard, il est devenu, tel un vrai Tsigane, dompteur d'ours. Quinze années plus tard, c'est la musique qui a pris les devants, ne conservant des ours que le nom du groupe : les Ours des Carpathes.

Aujourd'hui, l'artiste gère son groupe comme une entreprise. «Une entreprise qui a une démarche sociale», explique-t-il. Pour sa formation, il a choisi des musiciens qui avaient, outre du talent, des difficultés à vivre au rythme des sédentaires.

«Les tsiganes sont des nomades en bout de course. Ils ont été obligés de se sédentariser et ça n'a pas toujours été facile!» lance-t-il.

Regroupés dans une communauté musicale, les Roms déracinés reprennent contact avec leur culture. Dans cette optique, leur musique est authentique, nullement corrompue.

«Nous ne jouons pas de la musique d'inspiration tsigane, nous jouons de la musique tsigane», clame Dimitri, un sourire en coin. Violons, guitares, cithare, clarinette, accordéons et plusieurs percussions se rencontrent pour créer une musique traditionnelle qui «vibre, brûle, vit, pleure, explose de joie sous l'impulsion de musiciens virtuoses et de chanteurs authentiques».

De partout et de nulle part

Dire que cette formation vient de Saint-Malo serait erroné. Leur pied-à-terre y est, certes, mais les musiciens viennent d'un peu partout en Europe. Les Tsiganes n'ont pas de pays, on pourrait plutôt dire du groupe qu'il vient de la «Tsiganie»!

C'est justement cette liberté de mouvement qui a donné toute sa richesse à la musique des Roms. «Ils se sont imprégnés de la culture des pays où ils se sont arrêtés et ont pris des éléments musicaux de partout. Mais il y a toujours ce fil conducteur, une sonorité qui est là. C'est pourquoi on pourrait parler des musiques tsiganes plus que d'un style en soi», explique le grand gaillard attaché aux chants traditionnels.

Cette population hors normes, souvent rejetée et presque entièrement décimée, a bien failli sombrer dans l'oubli. La langue des Tsiganes, le romanès, est une langue orale. Ainsi, les chants et les contes n'étaient écrits nulle part et la tradition orale commençait à s'effacer.

«La "Tsiganie" était en train de disparaître, il fallait faire quelque chose!» lance Dimitri en relatant les débuts du groupe, il y a 18 ans. Depuis, le nombre de musiciens est passé de trois à neuf entre 1992 et 2000. Maintenant, il est composé de huit artistes, et Urs Karpatz a enregistré neuf albums.

Marginal et moderne

Outre la revitalisation de pièces traditionnelles, Dimitri a écrit de nombreux chants, histoire d'actualiser la culture. Ses textes parlent de marginalité, de délinquance, de modernité et sont tous écrits en romanès.

Même s'il n'est pas réfractaire aux technologies modernes, le groupe limite ses recours à l'électronique. Sa force se situe d'ailleurs dans sa puissance acoustique qui s'adapte aussi très bien aux amplificateurs. «Tout dépend de la salle et du public.»

On peut apprécier les prouesses des musiciens de la bande de Dimitri bien calé dans son siège ou encore se laisser emporter par leur fougue en dansant à en perdre haleine. Une chose est certaine, avec Urs Karpatz, le dépaysement est garanti et le voyage risque d'être époustouflant!

Les Ours des Carpathes fouleront les planches du théâtre Petit Champlain mercredi soir et celles de l'Anglicane de Lévis le 28 novembre. Ils poursuivront leur tournée à travers la province en passant par Montmagny vendredi, Rivière-du-Loup le 18 novembre et Rimouski le lendemain.

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer