OSQ: l'Espagne par degrés

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L'OSQ recevait les soeurs Annie et Nadia Labrie.... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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L'OSQ recevait les soeurs Annie et Nadia Labrie. Après la pause, moulées dans leurs robes de soirée telles des beautés hollywoodiennes, les deux soeurs ont procédé à la création mondiale du Concerto tradiciónuevo du compositeur Patrick Roux.

Le Soleil, Patrice Laroche

Richard Boisvert
Le Soleil

(Québec) Décidément, Yoav Talmi sait s'y prendre pour faire sonner son orchestre. On a pu sentir sa poigne, hier soir, et d'une manière particulièrement marquée, dans le Capriccio espagnol de Rimski-Korsakov, offert en fin de programme.

Installé en rangs serrés sur la scène de la salle Raoul-Jobin, enrichie de plusieurs percussions, du piano et de la harpe, l'Orchestre symphonique de Québec a livré de cette oeuvre une interprétation captivante. Certes, Rimski s'y entend dans l'art de faire raconter une histoire à la musique. On ne sait pas trop quelle histoire, mais on sent qu'elle vient vous chercher et qu'elle vous accroche. Entre la clarinette rhapsodique et les violons abrasifs, l'auditeur n'a pas une seconde de répit. Ce fut, de loin, l'oeuvre la plus prenante de la soirée.

Ouf! Il était temps que le feu prenne. Honnêtement, je dois dire que, côté température, on s'en était tenu jusque-là à une tiédeur assez décevante, du moins pour une soirée espagnole.

Les soeurs Labrie

L'OSQ recevait les soeurs Annie et Nadia Labrie. Dans un célèbre extrait du Concerto de Ajanjuez, la première s'est révélée une interprète habile et compétente quoique un peu docile. Je ne crois pas avoir jamais entendu une plus belle couleur de guitare dans une oeuvre concertante. La sonorisation était réellement excellente.

Nadia, elle, a interprété une Fantaisie brillante sur Carmen. On connaît presque trop bien la série de thèmes. Nous voici en présence d'un divertissement. Toute de même, il se propageait du Habanera et de sa série de variations des ondes d'un magnétisme charmant et même d'un peu fascinant.

Après la pause, moulées dans leurs robes de soirée telles des beautés hollywoodiennes, les deux soeurs ont procédé à la création mondiale du Concerto tradiciónuevo du compositeur Patrick Roux. La sonorité du morceau est agréable, mais son propos est franchement superficiel. Un collage facile, sans originalité, qui cherche à plaire à peu de frais. Pas de discours véritable, seulement une succession de lieux communs à saveur de tango. Les solistes, l'orchestre et le chef ont rempli leur tâche honorablement, mais ils n'ont pu dissimiler le manque de substance.

Après une si morne page, la Danse rituelle du feu était la bienvenue. Cette langueur, cette passion qui couve et qui finit par jaillir dans un contretemps jubilatoire, on l'a accueillie comme une libération.

L'Orchestre symphonique de Québec. Direction musicale : Yoav Talmi, chef d'orchestre. Solistes : Annie Labrie, guitare, et Nadia Labrie, flûte. Manuel de Falla : El sombrero de tres picos, suite no 1. Joaquin Rodrigo : Con­cierto de Ajanjuez pour guitare et orchestre (Adagio). François Borne : Fantaisie sur Carmen pour flûte et orchestre. Patrick Roux : Concerto tradicionuevo pour flûte, guitare et orchestre. Manuel de Falla : El amor brujo (extrait : Danse rituelle du feu). Nicolaï Rimski-Korsakov : Capriccio espagnol, op. 34. Hier soir à la salle Raoul-Jobin du Palais Montcalm

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