Michel Cusson a le don de s'illustrer dans chacune de ses initiatives. Il a brillé au sein de la formation jazz-fusion Uzeb pour ensuite se lancer avec succès dans la musique de films, de séries télé et d'événements, signant les bandes sonores d'oeuvres comme Un homme et son péché, Maurice Richard, Omertà ou encore Cavalia. À cela s'ajoute un travail remarqué du côté de la réalisation, notamment pour Diane Dufresne et Patricia Kaas. Or après maintes années passées en studio, il se sentait mûr pour renouer avec la scène et relever un nouveau défi.
«J'avais le goût de présenter autre chose et je n'avais pas le goût de faire quelque chose que j'avais déjà fait, explique-t-il. Je trouvais ça intéressant de toucher à la musique rock avec un son british, mais en français, tout en y mettant un côté cinématographique...»
Deux ans de gestation
L'idée de Café Elektric - «le lieu, l'espace, le temps où on se réunit, où on a du fun et où on se dépasse», dixit Cusson - germe il y a deux ans, alors que le guitariste discute avec son coréalisateur Kim Gaboury, porté vers le techno-rock. Il griffonne quelques idées, façonne des chansons, puis contacte Térez Montcalm, avec laquelle il a déjà collaboré.
«J'ai tout de suite dit oui, se remémore Térez. J'étais trop contente de pouvoir travailler une nouvelle fois avec lui et de le voir remonter sur scène!»
Cusson voulait plus qu'une voix dans son Café. Il souhaitait créer une interaction entre deux chanteurs, un homme et une femme, et avec une troisième voix : sa guitare. Luck Mervil, qu'il avait croisé à quelques reprises, n'a pas hésité à se joindre à l'équipe.
«J'ai décidé dans ma vie que je ferais ce que j'ai envie de faire, indique Mervil. J'ai sept albums et il n'y en a pas un pareil. J'essaie toujours de m'éloigner de ce qui pourrait être ma zone de confort... »
Bien que Michel Cusson soit l'initiateur du projet et signe chacune des musiques, Café Elektric est le fruit d'un travail collectif. Les deux interprètes se sont accaparé les chansons et y ont posé des textes de leur cru. Tant Térez que Luck s'avouent étonnés de voir à quel point les airs de Cusson dégageaient une émotion avec laquelle ils étaient en parfaite adéquation. Mervil : «Quand j'ai écrit le texte de Rue des troubadours, qui raconte l'histoire d'un gars qui est sur la face cachée de la lune, j'ai appelé Michel pour voir ce qu'il voulait exprimer avec cette musique-là et il m'a dit : ?Ça, c'est un gars qui vient d'une autre planète!? Donc son langage instrumental, on le comprend.»
La nouveauté d'abord
Café Elektric est une aventure neuve à bien des égards pour ces artistes expérimentés. Cusson délaisse les arrangements sophistiqués afin de se concentrer sur sa guitare, Térez Montcalm apprend à chanter en duo sur certaines pièces, Mervil s'amuse à faire swinguer le français sur des airs voisins de la brit pop, parfois épicés de world ou d'électronica. Heureux du résultat en studio, les trois comparses le sont encore plus de leur passage sur scène. C'est à L'Anglicane cet été qu'ils ont cassé la glace. Depuis, ils ont eu la chance de s'échauffer et, surtout, de lancer leur disque. La troupe est donc anxieuse de retourner à Lévis vendredi en compagnie du batteur Maxime Bellavance et du bassiste Jonathan Dauphinais, d'autant que le public aura pu se familiariser avec le répertoire.
«En spectacle, les chansons s'ouvrent, c'est complètement autre chose, précise Térez. C'est un work in progress, ça change de semaine en semaine, de show en show.» «Entre nous, il y a de l'électricité qui passe; franchement je ne vois pas de limite à ça», enchaîne Cusson.
En fait, s'il y a une limite, elle sera peut-être du côté du temps. C'est que chacun des membres a une carrière à s'occuper. Ils assurent qu'ils sauront aménager leur horaire pour faire progresser ce supergroupe qu'ils chérissent, surtout si le public est au rendez-vous.
«Ç'a pris du temps à mettre ça sur pied, mais maintenant que l'entité existe, je sens que ça va évoluer. On vit ce qu'on a à vivre et ça nous fera vivre d'autres moments», assure Cusson.
***1/2
Café Elektric
Cusson, Mervil, Montcalm
Go Musique
Vous voulez y aller?
QUI : Café Elektric
QUAND : 20 novembre, 20h
OÙ : L'Anglicane
BILLETS : 32 $
TÉL. : 418 838-6000












