Alex Perron: rose et plein d'autres couleurs

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«Je ne veux pas non plus être le... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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«Je ne veux pas non plus être le porte-parole des homosexuels. Si ce que je fais aide des gens, ben c'est tant mieux!» précise Alex Perron.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Nadia Ross
Le Soleil

(Québec) «Je le sais que vous êtes ici parce que je suis fif et c'est correct! Mais vous allez voir, il y a d'autres affaires!», lance Alex Perron au début de son premier one man show Un gars c't'un gars. Même si on l'a d'abord remarqué parce qu'il assumait son rôle de gai dans le trio des Mecs comiques et que ses chroniques ont toujours eu un p'tit côté rose, l'humoriste insiste : «Je ne suis pas que ça. Et c'est tant mieux!»

Il a certes eu un parcours parfait. Jeune ado extraverti de Beauport, il fait son cégep à Sainte-Foy puis un bac à l'Université Laval, toujours en théâtre. À 24 ans, il arrive à Montréal et entre à l'École de l'humour. Il en sort en 1996 et se retrouve sur les ondes de TQS un an plus tard avec ses comparses des Mecs comiques : les très hétéros Louis Morissette et Jean-François Baril. Après 3 X rien, le groupe se dissout. En 2006, Alex Perron devient alors chroniqueur à la radio, à la télé et même dans La Presse. Ses dadas : les bitcheries bien placées, la mode.

«Je commençais à être trop confortable dans ce que je faisais et j'avais envie de me remettre en danger, dit l'artiste, sirotant son allongé. C'était le temps ou jamais!»

Parce qu'à 38 ans, il réalise que le temps file. «Il y a des jeunes qui me poussent dans le dos, qui veulent prendre ma place.» Avant que la quarantaine arrive, il fallait réagir!

Cure de rajeunissement

Réelle cure de rajeunissement, monter sur scène lui procure un rush d'adrénaline dès sa première présentation au Saint-Denis, cet automne. Depuis, il en est devenu accro. «À chaque fois, je reçois un de ces rushs d'amour!» lance-t-il en roulant exagérément ses R. «Ça doit être mon p'tit côté Jeannette Bertrand!»

Tel une jeune Poune, il explique comment le public, qu'il considère comme son vrai boss, lui prouve son amour. «Ils viennent pour ME voir. C'est pas comme à la télé où c'est ''imposé''. Là, ils ont choisi de dépenser de l'argent pour venir m'écouter. C'est toute une preuve d'amour, ça!

«Mais je n'aurais jamais été capable de faire ce que je fais là à 20 ans. J'avais besoin de ce bagage-là. Cette confiance-là», dit-il. Celui qui se présente tout seul devant un public doit avoir quelque chose à transmettre, estime-t-il. «Sans dire que je suis dans la profondeur totale, parce que je ne le suis vraiment pas, il faut au moins avoir un propos ou une couleur bien à soi.»

La sienne, c'est le rose? «Le rose et un mélange de bien des affaires!» Dans son spectacle solo, Alex Perron traite d'une panoplie de sujets qui ne sont pas liés à l'homosexualité. Il réorganise le corps pour qu'il soit plus fonctionnel, expose son horreur pour les diététiciens, dénonce la phobie des microbes. Mais, il y a toujours cette teinte rosée quand il place quelques bitcheries ou quand il rigole des travers des gais, des lesbiennes autant que de ceux des hétéros. «C'est toujours vu à travers le regard d'un gai quand même! C'est moi qui parle et je parle de moi.»

Très «perso»

Ainsi, il relate le moment où, à 18 ans, il a fait son coming out à sa mère. «C'est peut-être la partie la plus personnelle, la plus profonde. Mais je n'ai pas voulu tomber dans le mélodramatique, alors il y a des jokes dans cette partie-là aussi.»

Sans vouloir faire de la thérapie, être braillard ou sombrer dans le discours moralisateur, Perron espère quand même transmettre quelque chose à ceux qui voudront l'attraper. «Je ne veux pas non plus être le porte-parole des homosexuels. Si ce que je fais aide des gens, ben c'est tant mieux!»

La présentation de Québec aura un petit quelque chose de particulier : sa mère sera dans l'assistance. «Elle n'a pas encore vu le show, elle sait de quoi je parle. Ça risque d'être très intense...»

Entrer à la salle Albert-Rousseau par la porte des artistes est également symbolique. C'est elle-même qui, alors qu'il était étudiant en théâtre au Cégep de Sainte-Foy, lui a donné le goût du spectacle.

«Je me suis dit que j'allais un jour monter sur cette scène sans trop savoir comment!», se remémore-t-il. Et voilà, il a trouvé le moyen et il le fera sur un tapis rose, promet-il.

Les sens d'Alex Perron

Un souvenir olfactif?

La première fois que j'ai mangé des sushis. Je sortais de la pièce Nô, de Robert Lepage, et je me suis dit qu'il fallait que j'essaye ça. Le mélange des odeurs de sauce soya, des algues, du riz, du poisson et du wasabi me rend encore fou. Je mangerais des sushis à tous les repas!

Qu'est-ce qui vous met l'eau à la bouche?

Les sushis! Mais aussi les sacs. J'ai toujours une bonne défaite pour m'en acheter un nouveau.

Quelle cause vous touche?

Les enfants malades. Il n'y a rien de pire qu'un enfant qui est pris au lit quand il est supposé être dehors en train de jouer!

Quelle est la chanson que vous préférez entendre?

Like a Prayer de Madonna. Parce qu'il y a Madonna et aussi parce qu'il y a le gospel là-dedans. J'ai toujours rêvé d'être une grosse noire pour pouvoir chanter du gospel!

La plus belle chose que vous ayez vue?

L'épave du Conestoga quand j'ai passé mon cours de plongée. C'était tellement impressionnant!

Qu'est-ce que l'avenir vous réserve?

Je suis incapable de me projeter dans l'avenir. Je pense qu'à trop focaliser sur l'avenir on risque de rater ce qui se trouve à côté de nous.

 

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