«Moi, me faire dire par Daniel Gélinas qu'il va amener des artistes que nous n'avons jamais vus en Gaspésie, c'est comme dire que nous ne sommes pas assez fins et intelligents en Gaspésie pour les avoir. C'est facile de faire une telle annonce parce que le Festival d'été de Québec va avoir de l'argent pour les engager. Donnez-moi cet argent et on va les amener nous aussi, ces artistes, sans aucun problème», a lancé M. Côté.
Charles Breton, directeur général du Festival de la chanson de Tadoussac, parlait de «mercenaires». «Un million de dollars pour partir une affaire en région, c'est beaucoup. Quand on sera rendu là, on aura 50 ans. J'en ai des idées, mais je n'ai pas les moyens», a-t-il dit.
Dominic Marier, qui dirige la ChantEauFête de Saint-Siméon dans Charlevoix, n'était pas content et prévoyait déjà écrire à Daniel Gélinas. «Pourquoi là? On est où là-dedans? On n'a pas besoin d'un million, mais de l'aide, oui. S'il a commencé à New Richmond, peut-être qu'il ne sait pas qu'il y a quelque chose à Saint-Siméon, dans la Capitale-Nationale. Alors, on va leur dire : "Et voilà de combien sont nos besoins"», ironisait-il.
Des gros sabots
Les trois hommes n'ont pas apprécié la manière dont ce projet a été concocté, sans consultation des intervenants concernés du milieu artistique.
«Ce qui m'énerve, ce sont les gros sabots dans cette histoire. Je trouve ça dur à avaler. C'est un emprunt et pas quelque chose qui nous ressemble et qui est propre à la Gaspésie. Un Festival d'été de Québec en Gaspésie, ça m'énerve. Nous avons monté peu à peu notre affaire avec une vision qui est la nôtre et qui n'a pas été empruntée à Québec. Le moment pour tenir ce festival est en plus mal choisi, en plein milieu du congé de la construction au lieu de prolonger la saison touristique. Par exemple, il y aura du théâtre de rue et de l'animation à Bonaventure et ce sera en même temps que cet événement», rageait M. Côté.
«Tout est dans la façon de faire. Il [Daniel Gélinas] n'arrive pas dans le désert. Sur place, il a déjà des gens engagés dans la diffusion. Quand je vois des annonces comme ça, c'est qu'on oublie qu'il y a du monde qui fait de beaux événements avec des bouts de chandelles», ajoutait M. Breton.
Sans se gêner, M. Marier (de ChantEauFête) posait la question embarrassante à l'endroit des gouvernements : «En veulent-ils des événements en région? Au lieu de cautionner la création de monstres, pourquoi ne pas soutenir les petits festivals déjà en place, de créer un véritable réseau avec nous?»
Et les trois hommes de rappeler qu'on parle dans ce cas-là de fonds publics et parapublics.
Mais, au-delà des interrogations, du débat sur le financement et sur le sort des festivals en région, M. Breton ne peut être contre la vertu. «Faut donner la chance au coureur, ça peut être bon pour la Gaspésie», disait celui qui avait prévu les mots durs de son collègue de Petite-Vallée.
Le maire Labeaume
Le maire de Québec, Régis Labeaume, a indiqué mardi que son collègue de Gaspé, François Roussy, avait déplacé du 24 au 31 juillet le grand spectacle qu'il veut organiser chaque année pour souligner le passage de Jacques Cartier, afin de laisser de la place à l'événement de New Richmond. M. Labeaume a enchaîné en disant qu'il dirait aux visiteurs, une fois leur séjour dans la capitale terminé : «Partez de Québec, allez faire un tour à New Richmond et continuez jusqu'à Gaspé!»
Enfin, la nouvelle mairesse de Baie-Comeau, Christine Brisson, a dit en fin de journée mercredi: «On n'a pas ça dans notre mire du tout et ce n'est pas dans nos plans [de solliciter le Festival d'été]. On concentrera nos efforts à développer et promouvoir ce qu'on a chez nous. On a notamment une très belle programmation à la salle de spectacles».
Avec la collaboration de Gilles Gagné et de Steeve Paradis












