OSQ: brillant Robert, bavarde Clara

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Entre deux Danses hongroises, les comédiens Caroline Boyer... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Entre deux Danses hongroises, les comédiens Caroline Boyer et Jean-Pierre Harel, que l'on voit ici entourant le chef Yoav Talmi, ont procédé à la lecture de quelques lettres de Clara Schumann et de Johannes Brahms.

Le Soleil, Erick Labbé

Richard Boisvert
Le Soleil

(Québec) Chez les Schumann, le nom ne fait pas le compositeur. Alors que Robert s'exprime avec une originalité qui donne à sa personnalité les traits du génie, Clara se complaît dans une sorte de superficialité et de naïveté un peu embarrassante. Pour sa défense, notons que la jeune fille n'avait que 15 ans lors­qu'elle a commis le Concerto pour piano, opus 7 entendu au Grand Théâtre, mercredi soir.

Difficile, hier soir, de juger de la qualité... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 1.0

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Difficile, hier soir, de juger de la qualité de l'invitée de l'Orchestre symphonique de Québec, la jeune pianiste israélienne Dorel Golan.

Le Soleil, Erick Labbé

Avec ses airs de récréation et de fantaisie sans conséquence, l'oeuvre serait plus à sa place dans un salon qu'au concert. On comprend qu'elle ne se soit pas imposée au répertoire. Difficile, dans un tel contexte, de juger de la qualité de l'invitée de l'Orchestre symphonique de Québec, la jeune pianiste israélienne Dorel Golan. Le deuxième mouvement n'est essentiellement qu'un long solo de piano marqué par un mielleux chromatisme mélodique. Il s'agrémente de quelques échanges tout de même assez réussis avec le violoncelle.

Pour rappel, la pianiste a offert une version du Rondo alla turca de Mozart arrangé à la boogie-woogie dans un style que je qualifierais d'état d'ébriété avancée. On a en outre perçu de la précipitation et de la dureté dans l'exécution.

Il reste à parler de la robe rouge étincelante de la pianiste, taillée pour mettre en valeur son profil à la Jessica Rabbit (je n'exagère pas). C'est que la tenue ne passait pas inaperçue. Pour reprendre une réaction captée au sortir de la salle, «c'était quelque chose!»

Après la pause, M. Talmi a rallié de belle façon son orchestre dans la 2e de Schumann. Il a su le garder alerte jusqu'à la dernière mesure du Finale. De fait, chacun des mouvements semblait plus brillant et plus cohérent que le précédent. Le Scherzo avançait à fière allure et l'exécution très resserrée a rendu justice à la finesse de la construction. L'Adagio s'appuyait sur une pulsation sentie mais sans lourdeur. Mon seul bémol concerne la tendance de l'orchestre à ne pas respecter les nuances plus douces.

Le concert a commencé par quatre Danses hongroises de Brahms dans lesquelles l'orchestre s'est donné à fond. Entre deux danses, les comédiens Caroline Boyer et Jean-Pierre Harel, excellents, ont procédé à la lecture de quelques lettres de Clara Schumann et de Johannes Brahms. L'idée était bonne et elle a été exploitée avec goût.

ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE QUÉBEC. Direction musicale :Yoav Talmi, chef d'orchestre. Soliste : Dorel Golan, piano. Avec la participation de Caroline Boyer et de Jean-Pierre Harel, narrateurs. Brahms : Danses hongroises (nos 1, 3, 10 et 5). Clara Schumann : Concerto pour piano, opus 7. Robert Schumann : Symphonie n° 2. Mercredi soir à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec.

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