Michel Cusson ne le cache pas : lorsqu'il a mis sur pied Café Elektric, c'était notamment pour renouer avec la scène. Après de nombreuses années passées en studio, il sentait le besoin d'aller à la rencontre du public. À l'écouter, on ne pouvait nier que son jeu de guitare unique nous avait manqué. Armé de ses maintes six cordes et de son arsenal de pédales à effets, il rappelait combien il est l'un de nos meilleurs musiciens, que ce soit à renfort de solos explosifs ou d'envolées aériennes.
Autour de lui, les compétents Maxime Bellavance (batterie), Jonathan Dauphinais (basse, claviers) et Kim Gaboury (guitare, programmations) complétaient le travail du leader pour donner forme aux chansons, tandis que Térez Montcalm et Luck Mervil venaient les sertir de leurs textes et de leur chant inspiré.
Envolée difficile
Si tous les ingrédients assurant un spectacle impeccable étaient réunis, la sauce aura mis du temps à prendre. C'est que la structure du show était loin d'être parfaite?: trop de segments instrumentaux éthérés ou de titres lents s'immisçaient et minaient le rythme de la première partie. Du coup, la superbe Comme la nuit ou l'énergique Je veux m'envoler prenaient l'allure de réussites un peu isolées. On comprend que l'aventure a été initiée par Cusson, or il prenait un peu trop de place dans la première moitié, au point où ses compères devenaient de simples accompagnateurs et où l'on perdait de vue que Café Elektric est voué aux chansons pop-rock - et non à de grandes envolées instrumentales.
Pourtant, c'est la présence des trois têtes d'affiche qui fait la force de cet ensemble. On l'a bien vu au retour de l'entracte. Des titres plus rythmés comme Funambule, entonné par Montcalm, de sa voix délicieusement rauque, ou l'énergique Folie, défendu par un Mervil convaincu, fonctionnaient à merveille. Quant aux duos comme la reprise de Beggin' (Madcon) ou I Want You (She's So Heavy) des Beatles, c'était du bonbon. Donnons encore une demi-douzaine de représentations à l'équipe, question que tous soient plus à l'aise pour occuper l'espace scénique et que la séquence des chansons soit mieux placée, et ce Café Elektric remplira toutes ses promesses.











