Les Violons du Roy à Carnegie Hall: éclats de joie céleste

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La diction des choristes était excellente et ils... (Courtoisie Paulette Dufour)

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La diction des choristes était excellente et ils en ont mis plein les oreilles du public. Même dans les balcons les plus reculés, on écoutait religieusement le groupe de Québec.

Courtoisie Paulette Dufour

Richard Boisvert
Le Soleil

(New York) Si le but de l'Oratorio de Noël de J.S. Bach est d'élever le coeur de l'homme vers le bonheur des anges, Bernard Labadie, les Violons du Roy et la Chapelle de Québec ont parfaitement rempli leur mission, samedi, lors de leur deuxième passage en autant de soirs au Carnegie Hall. Passage accueilli une fois encore par une ovation debout.

Le caractère du concert était fort différent de celui qui prévalait la veille dans le Messie de Handel, mais on peut dire assurément que la Chapelle a servi au public new-yorkais un bon échantillon de l'éventail de ses couleurs et de l'étendue de sa technique.

D'abord, Bernard Labadie ne fait pas chanter deux chorals de manière identique, si bien que l'ensemble traduit toute une variété de sentiments et de caractères : incrédulité joyeuse, douceur de la grâce, feu brûlant de l'adoration intérieure, allégresse victorieuse, etc. Le message était très clair.

Par ailleurs, les grands mouvements plus élaborés que Bach appelle Coro ou Chorus en mettaient plein les oreilles à quiconque est le moindrement sensible au pouvoir expressif du choeur. L'exécution pleine de vie et d'élan du morceau d'ouverture de la Cantate pour le premier dimanche de l'année nous amenait droit au ciel. Heure de tombée oblige, lors du concert au Palais Montcalm, la semaine dernière, j'avais déjà quitté la salle au moment où on l'avait chanté. J'avais apparemment manqué le meilleur moment de la soirée.

La diction des choristes, on n'insistera jamais trop là-dessus, était excellente. Même si on ne parle pas allemand, on pouvait suivre très clairement la prononciation des mots dans le programme et ce, jusque depuis la toute dernière rangée du quatrième balcon de Carnegie Hall, ainsi que j'ai pu moi-même le constater. J'ai également pu me rendre compte que, même à ces hauteurs, le public écoutait religieusement le groupe de Québec.

Les solistes ont également bien travaillé. Jan Kobow a chanté l'air Frohe Hirten, eilt, ach eilet (Empressez-vous, joyeux bergers) avec tellement d'assurance qu'on ne pouvait se douter à quel point ce morceau est difficile. Exécuter ces triples croches aussi parfaitement, sans tricher, c'est tout bonnement surhumain. La voix du ténor allemand, encore fragile, a malheureusement craqué à quelques reprises plus tard dans la soirée.

Plus nuancé

David Daniels a chanté son premier air, Bereite dich, Zion (Prépare-toi, Sion), d'une manière plus détendue et surtout plus nuancée qu'à Québec. Le contraste entre la franchise rustique de l'orchestre et la douceur maternelle de la voix du contre-ténor, dans la berceuse Schlafe, mein Liebster (Dors mon doux enfant), avait quelque chose d'attendrissant. La soprano Rosemary Joshua s'est montrée plus brillante dans Nur ein Wink von seine Händen (Un simple signe de sa main), avec lequel elle se débrouille avec intelligence et goût, que dans son duo avec Joshua Hopkins, où il m'a semblé qu'elle avait de la difficulté à sortir de sa bulle.

D'une manière générale, la disposition des solistes, placés tout près la rampe, permettait d'atteindre un bon équilibre avec l'orchestre, meilleur en tout cas qu'au Palais Montcalm.

Les membres des Violons ont également tiré leur épingle du jeu, si on veut bien me passer l'expression, tout particulièrement le violon solo, la première trompette, les hautbois et les cors anglais.

LES VIOLONS DU ROY ET LA CHAPELLE DE QUÉBEC. Direction : Bernard Labadie, chef d'orchestre. Solistes : Rosemary Joshua, soprano, David Daniels, contre-ténor, Jan Kobow, ténor, et Joshua Hopkins, baryton. J.S. Bach : Oratorio de Noël. Samedi au Carnegie Hall à New York.

 

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