Après une année passée en studio et pendant laquelle il a lancé cinq disques, Dumas avait manifestement envie de renouer avec le public. Mais ce dernier s'est peut-être un peu essoufflé devant le rythme de production de l'artiste. Enfin, la seule autre explication qui nous vient face au faible auditoire d'hier, c'est que Dumas est venu jouer à Québec trois soirs en mars dernier et qu'il sera encore là ce soir...
Il vient donc nous voir souvent, mais on ne pourra jamais lui reprocher de servir le même plat à ses convives. D'abord parce que son répertoire s'est enrichi de plusieurs nouveautés en peu de temps, mais aussi parce que Dumas a le don de proposer des relectures très intéressantes de ses chansons; les neuves comme les plus vieilles.
Quand il a offert des titres comme J'erre ou Linoléum, tirés de l'album Le cours des jours, ce qui sautait à l'oreille, c'est l'évolution du chant. En début de carrière, Dumas avait la voix haut perchée, elle est désormais mieux placée, plus grave.
D'un soir à l'autre, Dumas se donne le droit de choisir des chansons différentes dans tout son répertoire. La tournée Traces propose donc des concerts à géométrie variable. Hier soir, la construction était fort réussie : début énergique avec Mes révolutions, ensuite il y a eu une période plus méditative, plus douce, puis de succès en succès (Alors, alors, Au gré des saisons), remontée puissante de l'énergie.
À la guitare, Jocelyn Tellier était particulièrement inspiré; sa complicité avec Dumas faisait des étincelles. Il manquait toutefois une choriste pour rendre aux chansons leur plein éclat. N'empêche, c'était une prestation généreuse, allumée, enthousiaste et réussie.
Les nouveaux protégés de la maison de disques La Tribu étaient chargés de réchauffer la foule avant l'arrivée de Dumas. Le groupe montréalais Boni Suba a offert son mélange de rap-rock-reggae et son idéalisme juvénile. Un premier effort honnête, sans plus.











