Un gars, c't'un gars: cru, touchant et hilarant

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Alex Perron a profité de son passage à... (Photo Le Soleil, Patrice Laroche)

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Alex Perron a profité de son passage à Québec pour renouer avec ses racines et se payer une petite danse avec le Bonhomme Carnaval

Photo Le Soleil, Patrice Laroche

Isabelle Houde
Le Soleil

(Québec) Le premier spectacle solo d'Alex Perron, Un gars, c't'un gars, avait tout du retour au bercail... et aux sources. Comme un ami de longue date qu'on n'a jamais pris le temps de vraiment connaître, l'ex-Mec comique s'est révélé, jeudi à la salle Albert-Rousseau, dans toute sa splendeur comique.

Se produire sur la scène du Cégep de Sainte-Foy était sans contredit un fantasme pour l'ancien étudiant de l'établissement, qui semblait bien fébrile en début de spectacle. De nombreuses connaissances étaient présentes dans la salle.

Alex Perron s'est d'ailleurs payé un petit luxe en faisant venir sur scène nul autre que le Bonhomme Carnaval, une rencontre très comique qui a même fait lever toute la salle le temps d'une petite jambette en l'air.

On se doutait bien qu'Alex Perron ne se gênerait pas pour exploiter son homosexualité. Dès le début, il a lancé dans le mille en faisant la fête aux stéréotypes avec un plaisir évident, ne pouvant s'empêcher de rire lui-même à certains moments.  

L'humoriste a très bien été accueilli chez lui. Le public, très variable en âge, ne s'est pas gêné pour rire à gorge déployée. Le comique ratisse large et explore les aléas de la vie quotidienne avec toute l'exubérance qu'on lui connaît.

Il n'est certainement pas le premier à revenir sur les stéréotypes des années 80, mais  c'est surtout la manière dont il aborde certains sujets plus convenus qui le rend unique. Incisif, excessif, mais toujours terre à terre et terriblement efficace, Alex Perron a bien fait de faire le saut sur la scène en solo.

On le suit avec un plaisir assumé dans son univers politiquement incorrect, cru, et sans compromis, mais qui ne sonne jamais trop vulgaire, un univers où il est même permis de faire licher sa main pleine de microbes à une spectatrice. Il y a des trouvailles savoureuses, particulièrement le numéro où il recrée le corps humain d'une façon plus qu'originale.

Personnel

En retour d'entracte, Alex Perron se fait plus personnel en abordant le moment où il a avoué son homosexualité à sa mère, qui était fort probablement dans la salle. Malgré la gravité du sujet, il a réussi un plaidoyer à la fois drôle et touchant, avec des moments de silence respectueux suivis de grands éclats de rire.

L'arrivée sur scène quelques numéros plus tard de Ginger Poitras, drag queen flamboyante, accompagnée d'une invitée spéciale, a mis le feu à la salle qui ne demandait pas mieux.

Le spectacle mis en scène par Chantal Lamarre et dirigé par Pierre Bernard est encore à l'affiche ce soir, à 20h. Une représentation supplémentaire le 19 mai a aussi été annoncée jeudi. Les billets sont déjà en vente.

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