Bertrand Alain: penser plus loin que son larynx

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Le metteur en scène Bertrand Alain, à droite,... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le metteur en scène Bertrand Alain, à droite, dirige les étudiants du Conservatoire de musique dans Le directeur de théâtre de Mozart.

Le Soleil, Erick Labbé

Richard Boisvert
Le Soleil

(Québec) Les professeurs de chant enseignent à leurs élèves les principes de la technique vocale. Bertrand Alain, lui, leur montre comment les oublier.

Comédien de formation, Bertrand Alain signe la mise en scène de La voix humaine de Francis Poulenc et du Directeur de théâtre de Mozart, à l'affiche à la salle Sylvain-Lelièvre du Cégep Limoilou, demain à 20h et dimanche à 14h. Les deux oeuvres mettent en vedette des étudiants du Conservatoire de musique de Québec.

Exercice pédagogique avant tout, le spectacle donne l'occasion aux jeunes interprètes d'acquérir une véritable expérience de la scène, avec décors, costumes et tout le tralala.

«C'est un très gros coup de pouce dans leur apprentissage, explique le metteur en scène. Ils sont très concentrés sur leur larynx et sur leurs cordes vocales, mais la dimension physique est moins développée chez eux. Je trouve cette expérience très gratifiante parce que je vois l'impact du travail d'acteur sur leur voix. Ça les dégourdit, en fait, sans rien balayer de tout ce qui est accompli avec le professeur de chant. Ouvrir leurs horizons, ça les détend dans leur voix. Ils découvrent jusqu'où le personnage peut les emmener. Ils en sont les premiers surpris.»

Entre le rire et les larmes, le spectacle s'annonce par ailleurs très contrasté. Entre l'intimité dramatique de La voix humaine, dont la partie solo est confiée à la soprano Andrée-Anne Laprise, et la bouffonnerie du Directeur de théâtre de Mozart, qui réunit neuf chanteurs et chanteuses, le spectateur devrait trouver son compte. «C'est comme un voyage, indique Bertrand Alain. On explore deux dimensions très distantes de l'humain. J'ai l'impression qu'on réussit à plonger à fond dans les deux univers.»

À noter que Le directeur de théâtre sera présenté non pas dans son contexte original, c'est-à-dire Salzbourg au XVIIIe, mais à Québec dans les années 30. Le texte aura ainsi une couleur plus locale, croit-on.

Le chef Gilles Auger, à la tête de l'Orchestre du Conservatoire de musique, assurera la direction musicale. Les billets sont offerts à l'administration du Conservatoire de musique de Québec (270, rue Saint-Amable) au coût de 15 $ pour les adultes et 10 $ pour les étudiants et les plus de 60 ans. Tél. : 418 643-2190.

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