Par le pouvoir du rythme et la force du mouvement, cette symphonie vous emporte dès les premières secondes. Son énergie produit un effet instantané qui vous tient en haleine. Au-delà de tout jugement esthétique, voici une musique pour orchestre terriblement efficace. C'est bien pour cette raison qu'elle fait l'unanimité.
Les cors, à l'occasion de plusieurs passages splendides et triomphants, ont montré une belle profondeur et beaucoup de cohésion. Sans réduire l'importance des autres sections, on peut dire que leur impressionnante contribution a joué rôle crucial dans le succès de l'interprétation.
Le discours solide et unifié sur lequel s'appuie cette oeuvre pourtant écrite en cinq mouvements tranchait avec l'extraordinaire variété du programme offert en première partie.
Entre deux départs
Avec les Scènes d'enfants et Carnaval, deux suites de Schumann pour le piano, on a eu droit à près d'une trentaine d'éléments minuscules et jolis en eux-mêmes, mais dont l'étalage pouvait sembler un peu disparate à la longue. Il est vrai qu'on se sentait toujours entre deux départs.
Les Scènes d'enfants de Schumann adaptées par Yoav Talmi étaient présentées par l'OSQ en première mondiale. Dès la première écoute, on peut déjà savourer plusieurs moments réussis. À propos de gens et de pays étranges, qui s'ouvre sur un solo de clarinette soutenu par de délicats pizzicati, en fait partie. L'arrangement de certains mouvements alourdis par l'abondance de cuivres denses et compacts m'a semblé plus discutable.
Il se peut aussi que la projection sur grand écran de dessins d'enfants - une bonne idée, mais à raison de deux par pièce, cela nous faisait tout de même un total de 26 dessins - ait entraîné chez moi une certaine distraction. Comme aucune des pièces ne durait plus de deux minutes, on peut imaginer la sorte de tourbillon d'information auquel on a eu droit.
ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE QUÉBEC. Direction : Yoav Talmi, chef d'orchestre. Schumann : Scènes d'enfants, op. 15 (orchestration de Y. Talmi); Carnaval, op. 9 (extraits orchestrés par différents musiciens dont Ravel, Glazounov et Rimski-Korsakov); Symphonie no 3 en mi bémol majeur, Rhénane, op. 97. Mercredi soir à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre.











