La Roux passe en coup de vent

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Elly Jackson était sacrément attendue. Chacun de ses... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Elly Jackson était sacrément attendue. Chacun de ses pas de danse ou de ses déplacements en direction du public soulevait les fans.

Le Soleil, Steve Deschênes

Nicolas Houle
Le Soleil

(Québec) Personne ne voulait manquer le passage de La Roux, le phénomène pop de l'heure. Jeunes et moins jeunes, mélomanes branchés ou simples curieux, petites familles, même, avaient rempli l'Impérial à pleine capacité, mercredi. Ils auront eu droit à une performance dont la qualité n'avait d'égal que la brièveté: un maigre 45 minutes.

Trois quarts d'heure de show, c'est ce qu'on nous sert habituellement durant les premières parties. Dans une soirée comme celle de mercredi, ç'a fait l'effet d'un coït musical interrompu. C'est qu'Elly Jackson était sacrément attendue. Ses loafers noirs avaient à peine foulé les planches au rythme de Tigerlily que c'était déjà l'hystérie. Chacun de ses pas de danse ou de ses déplacements en direction du public soulevait les fans. Sérieuse, intense et énergique dans son perfecto et son jeans noir, la rouquine à l'imposante crête de coq était en pleine possession de ses moyens. Sa voix haut perchée mordait à perfection dans ses textes et ses airs accrocheurs de synth-pop, mitonnés avec Ben Langmaid - l'autre moitié du duo, qui s'efface lorsque vient le temps des spectacles. Pour l'épauler, l'artiste de 21 ans s'était entourée de trois musiciens compétents : Michael Norris (claviers et programmations), Mickey O'Brien (claviers et choeurs) et William Bowerman (batterie), qui avait posé une affiche du Bonhomme Carnaval sur l'une de ses caisses électroniques!

Quand la chanteuse s'est mise à sortir l'artillerie lourde, à savoir ses hits, elle n'a même pas eu besoin d'inviter le public à participer : les fans prenaient l'allure d'un imposant choeur dans I'm Not Your Toy. Idem pendant In For the Kill, qui a mis l'Impérial en feu, d'autant que la chanteuse en a profité pour entonner une partie de la pièce dans l'une des corbeilles à côté de la scène. Quant à Bulletproof, en rappel, c'était l'ultime bonbon. Or voilà, le rideau tombait...

On pourra l'excuser en prétextant qu'elle a peu de répertoire sous la main. N'empêche, elle a défendu 10 pièces, soit deux de moins que sur son disque... Et des reprises, ça existe... Chiche, la British? Peut-être voulait-elle préserver sa voix, avec laquelle elle a eu maille à partir ces derniers mois. Quoi qu'il en soit, le public n'a pas semblé trop s'en formaliser : les 45 minutes auront été servies avec professionnalisme et panache.

Yes Giantess

La formation américaine Yes Giantess s'est chargée d'ouvrir la soirée avec son électro-pop suivant la tendance du moment, c'est-à-dire largement tributaire des années 80. Les quatre gars de Boston sont en pleine ascension, travaillant avec des producteurs de renom et ayant remixé Miley Cirus. Côté présence de scène, on pouvait sentir qu'ils n'avaient pas énormément de kilométrage au compteur. En revanche, impossible de nier qu'il y a là du talent, ne serait-ce que dans la maîtrise de leur approche pop, où les lignes de claviers mélodiques et la rythmique recherchée priment.

 

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