Vêtu d'un jeans et d'un t-shirt noir, la barbe touffue et les cheveux en pagaille, Kelly a débuté son spectacle en s'excusant. «Désolé pour mes cheveux. Je portais une tuque», a-t-il dit avec d'entamer Your Eyes.
Il mâche les mots de ses premières chansons. Ses commentaires sont parfois maladroits. Pas étonnant que son premier album s'intitule Ian Kelly's Insecurity.
«Quand je suis nerveux, je dis des niaiseries. Ça arrive même aux meilleurs...» L'humilité a vite repris le dessus dans une candeur qui lui est propre : «Bien que je ne suis pas certain d'en faire partie.»
Mais dès qu'il a entonné les premières notes de Help, la maturité de sa voix n'a rien laissé transparaître. Au rythme des airs folk, ses mélodies simples s'imposent en douceur. Ses textes livrent peu à peu les préoccupations de l'homme.
Avec Long Ago, son émotion contenue se relâche. L'artiste timide, discret, prend de l'assurance. Kelly se transforme sous nos yeux. Avec Mark Nelson aux percussions, sa voix chaude a soulevé la salle.
Il a continué sur sa lancée avec Triste, de son second album Speak your Mind, qu'il a rythmé façon reggae. Les fans ont embarqué en tapant dans leurs mains. Il l'a terminée en toute intimité, presque a capella. Les murmures des paroles résonnaient dans la salle. Les sifflements n'ont pas tardé à retentir, jusqu'à la fin du spectacle.
Kelly n'a pas la grosse tête. Généreux envers ses fans, il a introduit chacune de ses chansons en français. Il n'a pas hésité à partager le micro avec son claviériste, Jon Day, qui est aussi son choriste.
En première partie, il a égalemnt présenté au public québécois une artiste française d'une finesse et d'un humour délicieux, Lola Baï.
Bref, un brin de plus d'assurance sur scène, saupoudré d'une pincée de maturité dans ses interventions, lui accorderait une plus grande crédibilité. En espérant que ce qu'il gagnera, il ne le perdra pas en spontanéité.











