Jamil: il dure très, très dur

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L'an dernier, deux jours après la sortie deson... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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L'an dernier, deux jours après la sortie deson album Je dure très, très dur, Jamil a ététerrassé par un arrêt vasculaire cérébral quile force depuis à vivre au présent, lui qui avaitvécu dans le passé jusqu'à l'âge adulte, pouralors commencer à vivre dans le futur.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Valérie Lesage
Le Soleil

(Québec) Un petit nuage noir au-dessus de la tête, un peu le vague à l'âme? Quelques minutes avec Jamil suffisent à ramener soleil et sourire. Puisque lui-même rit volontiers de ses malheurs, la tentation d'en faire autant vient spontanément.

«Je ne suis pas assez connu pour que mon AVC ait favorisé les ventes de mes disques... La prochaine fois, je vais essayer une désintox, ça va marcher!» lance-t-il, toujours prêt à l'autodérision.

L'an dernier, deux jours après la sortie de son album Je dure très, très dur, Jamil a été terrassé par un arrêt vasculaire cérébral qui le force depuis à vivre au présent, lui qui avait vécu dans le passé jusqu'à l'âge adulte, pour alors commencer à vivre dans le futur.

«J'ai 48 ans, mais avec l'AVC, j'en ai comme 58... Mais ça paraît de moins en moins!»

Vieillir et rajeunir

Jamil peut donc se vanter d'avoir vieilli et rajeuni la même année. Quatorze mois après la maladie, il renoue avec la scène. Mais sans sa guitare. Il a recommencé à en jouer, il y a 12 semaines, une heure par jour, en faisant attention aux tendinites.

«Je dois tout réapprendre. J'ai dû réapprendre à marcher, à me laver, à couper les oignons... T'imagines comme j'ai pleuré?!»

C'est la conférence d'une chercheuse russe devant le Regroupement des associations de personnes aphasiques du Québec qui a redonné à Jamil le courage de reprendre son instrument. La chercheuse expliquait que l'imagerie par résonance magnétique a permis de découvrir que le cerveau réassigne des neurones d'une zone à une autre si l'une d'entre elles devient handicapée. Et alors, il est possible de récupérer ses facultés.

«Ma vie est consacrée à la reconstruction et à essayer de ne pas tomber dans les mêmes patterns. J'ai été un bon vivant... Je pouvais prendre de 14 à 35 con-sommations par jour. Je m'en tiens à quatre ou cinq et je me consacre à essayer de rejouer de la guitare. Quand je finis mon heure de pratique, je suis lavé. Je fais la sieste tous les jours, sous ordre du médecin. Mais pas sur scène!»

Retrouver son doigté

Sur scène, Jamil se dit plus dynamique que jamais. S'il a lancé à l'automne un disque plus doux et sur un ton moins léger, c'était pour faire savoir qu'il existe encore. Les pièces d'À bas les roses avaient été enregistrées avant l'AVC, mais n'avaient pas trouvé leur place sur les albums festifs d'avant. En les réécoutant, Jamil s'est dit, à raison, qu'il était franchement pas mal comme guitariste. Il se donne quelques années pour retrouver son doigté et, entre-temps, il promet pour le Grand Théâtre un spectacle énergisant.

«Sur scène, je n'ai pas envie de faire brailler personne. La vie est assez dure comme ça et ce sera un vendredi soir!»

Vous voulez y aller?

QUI : Jamil

QUAND : 19 février, 20h

OÙ : Grand Théâtre de Québec

BILLETS : 40 $ (32 $ étudiant)

TÉL. : 418 843-8131

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