L'année précédente, un deuxième prix au prestigieux Concours reine Élisabeth, en Belgique, avait propulsé la carrière d'Hélène Guilmette. «À partir de ce moment, les choses se sont bousculées et j'ai été emportée dans un tourbillon. Il m'a fallu ce Noël, loin des miens, pour me faire redescendre sur terre et me rendre compte que je ne voulais pas m'éloigner de mon pays trop longtemps, où je peux chanter autant que je veux. Quelle chance!»
Cette chance n'en est pas une, car la jeune soprano a tout pour séduire les publics les plus exigeants et les plus diversifiés : à ses belles qualités vocales, Hélène Guilmette allie une forte présence scénique qui lui vient autant de l'instinct et que de l'expérience. «Les artistes lyriques reçoivent une solide formation vocale et musicale, mais on ne leur enseigne pas à jouer un rôle, à habiter la scène ou à conquérir une salle; ils doivent l'apprendre par eux-mêmes. Cela dit, le métier est de plus en plus exigeant : en plus d'être chanteur, il faut être acteur, danseur... et il faut être beau!»
Bref, il faut jouer à la star, et Hélène Guilmette a les atouts pour se prêter à ce jeu. Mais avant toute chose, elle aime le public : «Quand j'entre en scène, je suis tellement contente d'être là que les gens le sentent!»
L'art de séduire un public, Hélène Guilmette l'a pratiqué sous différentes formes. Dès l'âge de 12 ans et pendant une dizaine d'années, elle s'est distinguée en nage synchronisée. «C'est grâce à la nage que j'ai appris comment entrer en scène et comment être expressive avec mon corps», reconnaît cette jeune femme qui respire la grâce et l'assurance.
Plus tard, Hélène Guilmette est devenue instructrice en nage synchronisée, cette discipline aussi artistique que sportive, tout en pratiquant l'art lyrique, le piano et l'orgue, dont elle a joué pendant 10 ans à l'église de Berthier-sur-Mer. Tant et si bien qu'en 1999, elle était atteinte de mononucléose, victime de ses multiples talents et de ses nombreuses passions. Elle n'oubliera pas la leçon.
«Les artistes lyriques sont comme des athlètes olympiques : ils doivent continuellement pratiquer, performer, voyager... Sauf qu'ils n'ont pas d'équipement, pas d'entraîneur... Encore moins de psychologue, contrairement aux athlètes de haut niveau! Dans ma discipline à moi, il faut savoir s'autodiscipliner et se reposer.»
Aujourd'hui, Hélène Guilmette mène exactement le style de vie dont elle rêvait. Mais si on lui demande de rêver un plus loin, un peu plus haut, elle répond avec un sourire : «J'aimerais chanter au moins une fois au Metropolitan Opera, comme mon ami Andreas Scholl. Et si cela arrive, je vais faire comme Andreas : pour le temps de mon séjour, je vais louer un super appartement dans Manhattan, je vais y accueillir ma famille et mes amis, et on va fêter! Tant pis pour le cachet!»












