«Je m'en serais voulu toute ma vie de ne pas donner de spectacles chez moi. J'en rêve depuis des années», confie-t-il au Soleil depuis la Floride.
En novembre 2009, il a entamé sa première tournée québécoise. Sur scène, il incarne aussi bien Tina Turner que Pavarotti et Ginette Reno. «On se fait vraiment plaisir! La roue tourne tellement rapidement», mentionne celui qui s'est produit dans une vingtaine de pays.
Né en 1973, Dubé a grandi dans le quartier Villeray. Enfant, il chante dans les fêtes de famille. Adolescent, il se met à admirer André-Philippe Gagnon. Pour amuser les copains, il imite René Simard et sa soeur Nathalie. Comme ça plaît, il persévère. Il écume les bars et les marchés aux puces, après avoir participé à tous les concours amateurs possibles.
Jusqu'au jour où le surdoué finit par intégrer la bonne écurie, celle de Pierre Gravel, l'agent qui a lancé la carrière de son idole. Dubé fait la première partie de la tournée canadienne de Corey Hart, alors qu'il ne parle pas un mot d'anglais! Aussi rusé que talentueux, il suit alors des cours intensifs à l'Université Bishop (Lennoxville) et à McGill.
The rest is history
Les contrats se sont mis à débouler: apparitions à Saturday Night Live, à l'émission de Larry King et au téléthon Jerry Lewis aux États-Unis, spectacle au gala des Oscars hors d'ondes en 2003 aux côtés de l'actrice américaine Kate Hudson, prestation au Moulin Rouge à Paris puis au Maroc, etc.
«Si je pense à ce que j'ai déjà accompli, je suis fier», affirme Dubé. N'empêche que sa vie, une succession de vols d'avion, de chambres d'hôtel et de salles de spectacles, semble parfois éreintante. «Je suis parti de chez moi le 31 décembre et je n'ai dormi que deux soirs à la maison depuis», précise-t-il. Dubé se réjouit donc de pouvoir faire (enfin) escale au Québec quelques semaines... avant de mieux repartir en Asie où il n'est pas encore connu.
Comme un piano
Mercredi, Dubé imitera une centaine de voix, mais il en maîtrise 400. Depuis le début de sa carrière, sa voix a évolué d'une façon incroyable. Naturellement, elle couvrait deux octaves. À force d'exercices, elle est montée à cinq, lui permettant d'imiter Céline Dion aussi bien que Louis Armstrong.
«Mais en répétition, je vocalise sur six octaves, souligne-t-il. Mon coach vocal m'a dit un jour que je serais capable de chanter comme un piano et de couvrir les sept [octaves].»
Comme M. Vertigo dans le roman de Paul Auster, Dubé prend plaisir à rêver qu'il y parviendra. «Je pense déjà au spectacle que je pourrais écrire...», confie cet hyperactif.
Parmi ses imitations préférées, il mentionne Édith Piaf et René Angélil. Une des rares qu'il n'est pas encore capable de faire? Mariah Carey. «Je n'arrive pas à avoir une constance», explique-t-il. Par contre, il a réussi cette année à intégrer la soprano Maria Callas.
Même si son métier a quelque chose de schizophrénique, à force de se glisser dans les cordes vocales de toutes ces stars, l'imitateur parvient à rester lui-même. «Au début, c'est très difficile de ne pas toujours imiter les gens qui nous entourent. Ça peut vite devenir une maladie, reconnaît-il en rigolant, mais pour que mes affaires fonctionnent, je n'ai pas le choix de rester terre à terre», affirme celui qui a toujours la tête dans les nuages.
VOUS VOULEZ Y ALLER
QUOI : Par la voix des airs
QUI : Martin Dubé à l'imitation, Bruno Landry à la mise en scène
QUAND : 10 février
OÙ : salle Albert-Rousseau
BILLETS : 30 $












