Dans le cocon d'Elisapie Isaac

Pour la première partie, Elisapie Isaac a mis... (Le Soleil, Martin Martel)

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Pour la première partie, Elisapie Isaac a mis de l'avant ses chansons les plus éthérées.

Le Soleil, Martin Martel

Nicolas Houle
Le Soleil

(Québec) Nuances, atmosphères enveloppantes, chant se transformant parfois en murmure. Voilà la combinaison sur laquelle Elisapie Isaac a misé, jeudi, pour renouer avec ses fans après une longue absence. Si le concert a mis un certain temps avant de prendre son envol, la chanteuse n'en a pas moins fait un retour convaincant.

On se demandait bien comment Elisapie Isaac allait transporter son There Will Be Stars sur les planches. C'est que son album solo, paru à l'automne, misait sur des orchestrations foisonnantes où s'immisçait parfois une section de cordes. La belle venue du froid a décidé d'appliquer la maxime du «less is more» en s'adjoignant les services de seulement deux musiciens. Pas n'importe lesquels : Manuel Gasse et Gabriel Gratton sont des multi-instrumentistes. Guitare, basse, choeurs, caisse claire, claviers ou bass drum évoqué en tapant du pied sur un étui de guitare pouvaient être joués durant une même pièce, parfois simultanément. Oui, il y avait des prouesses et de l'imagination derrière la leader...

Pour la première partie, Elisapie a mis de l'avant ses chansons les plus éthérées. En lever de rideau, on a senti une certaine nervosité, qui entachait un peu la souplesse vocale de l'interprète. Or elle n'a pas été longue avant d'être en pleine possession de ses moyens : sa voix cristalline, avec laquelle elle aime autant chuchoter que pousser les notes, s'est ainsi déployée dans toute sa richesse. Why Would I Cry, servie avec une orchestration minimale était particulièrement réussie, d'autant que la sonorisation permettait de saisir les moindres éléments.

De la chenille au papillon

Chaleureuse et rigolote dans ses interventions, Elisapie n'avait cependant pas sélectionné le répertoire parfait pour donner un élan à son spectacle. Aussi aura-t-on passé la première partie dans une sorte de cocon musical. Un cocon chaleureux, d'autant que l'on pouvait apprécier de superbes éclairages jouant sur des miroirs et un décor simple, quoique ingénieux avec ses rideaux ou ses flocons de neige géants. Mais un cocon où l'on restait souvent dans les mêmes tons.

La chenille est devenue papillon durant la deuxième partie. Les airs plus rythmés ont fait leur apparition et l'atmosphère est devenue décontractée après qu'elle est passée par une interprétation sensible de la magnifique Moi, Elsie, cosignée par Richard Desjardins et Pierre Lapointe. Un mini-trou de mémoire ne l'a même pas gâchée, tant elle est forte, cette pièce-là. À la suite de cette interprétation, la foule était conquise, prête à suivre l'artiste inuite peu importe ses propositions. Sa Butterfly revue avec des partitions de ukulélé ou son premier rappel, une étonnante version de Chiquitita (Abba), ont fait mouche. Pour cette dernière, la leader et ses deux complices se sont pointés en revêtant foulard rétro et verres fumés! Le public a adoré. Avec raison : dans cette portion de la soirée, les chansons ont trouvé un mordant et un relief qu'elles n'avaient pas toujours sur disque, sous l'élégant, mais très léché travail de réalisation.

À plus d'une reprise, Elisapie Isaac a indiqué qu'elle serait ravie de revenir en ville avant longtemps. Parions qu'ils seront nombreux à l'accueillir.

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