Enivrant Wilco

Jeff Tweedy, le leader de Wilco, était de... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Jeff Tweedy, le leader de Wilco, était de fort belle humeur hier sous sa tignasse ébouriffée et dans son complet à carreau.

Le Soleil, Patrice Laroche

Nicolas Houle
Le Soleil

(Québec) On ne remettra jamais en question le fait que Wilco est une formation remarquable en studio. Or lorsqu'elle monte sur scène, la troupe de Jeff Tweedy se surpasse. On en a eu un vibrant exemple, vendredi, alors que le sextuor a enflammé l'Impérial avec une performance impeccable.

Dans le showbizz comme ailleurs, il y a ceux qui font leur job honnêtement, ceux qui aiment leur métier et ceux qui en sont passionnés. Les gars de Wilco appartiennent à la dernière catégorie. Avant même qu'ils aient ouvert le show avec une version décoiffante de Via Chicago, on pouvait le constater à la quantité de matériel que les Américains avaient apporté, question de donner le plus large spectre sonore possible à leurs pièces : les deux tiers de la scène étaient occupés par l'équipement! Preuve qu'ils n'aiment pas se tourner les pouces, les musiciens transforment complètement leur séquence de chansons de soir en soir, faisant ainsi du concert de vendredi une expérience unique. Par ailleurs, le compteur ne semble pas tourner pour eux : plus de 25 chansons étaient au programme...

On aura eu droit aux maintes facettes de Wilco. D'abord le côté rock où la dimension expérimentale n'est jamais loin, puis la country folk, la pop et l'americana. Ce qui fascinait, c'est que les interprétations n'étaient pas simplement livrées avec précision, elles étaient terriblement vivantes.

Chaque pièce reposait en effet sur des bases si solides que chacun des membres pouvait prendre un peu de liberté pour y mettre du sien, sans risquer de dénaturer l'ensemble. La section rythmique? En béton. Les claviers? Toujours de bon ton. Les guitares de Nels Cline? Du pur bonbon. Il est spectaculaire et inventif, celui-là, en évitant l'auto suffisance. Quant au leader Jeff Tweedy, il était de fort belle humeur sous sa tignasse ébouriffée et dans son complet à carreaux. Bien en voix, il s'est permis de rigoler avec la foule, lui laissant même chanter Jesus, Etc. presque en entier.

Compositions du répertoire passé, comme titres du récent Wilco (The Album) ont séduit tour à tour. You Are My Face, tout en contrastes était un bijou, autant que pouvait l'être la récente One Wing, avec ses lignes de six cordes recherchées ou encore Hate It Here, particulièrement bien sentie.

Foule enthousiaste

S'il était une déception, c'est sans doute que le public n'ait pas été plus nombreux. Certes, le parterre était rempli, mais on avait fermé le balcon. En revanche, les fans étaient enthousiastes. Tellement qu'entre deux pièces, Tweedy avait parfois du mal à intervenir dans la cacophonie.

Au moment d'aller sous presse, alors qu'on goûtait une savoureuse Wilco (The Song) en premier rappel, il restait encore plusieurs pièces au menu, or on était déjà persuadé que le show risquerait de figurer sur notre liste des meilleurs de l'année 2010... Oui, fallait être là.

En première partie, le Torontois Afie Jurvanen, qui évolue sous la bannière Bahamas, s'est présenté pour un tour de chant en formule guitare-batterie. Parfait bilingue, il a proposé une country-folk mâtinée de blues manquant un peu d'originalité.

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