Il précise qu'avant d'entamer sa période d'écriture, il savait déjà qu'il traiterait de sexe. Les conversations qu'il a eues avec la sulfureuse Anne-Marie Losique, lors de sa «retraite» dans un condo, ont servi de base à l'écriture. «J'écrivais une dizaine de pages à chaque fois. Je les ai retravaillées ensuite.»
«Ce n'est pas vulgaire, même si c'est explicite. Je cherchais une façon audacieuse de parler de sexe, plus proche du burlesque que du stand up traditionnel. Ce n'est pas du Peter McLeod ou du Mike Ward», précise l'humoriste en entrevue. La thématique est facile, admet-il volontiers. «Mais je le fais différemment, en jouant dans des sketchs originaux. C'est le sujet le plus intéressant à creuser parce qu'il est inépuisable.»
Ces sketchs, il les partage sur scène avec la comédienne Karine Lagueux (Minuit, le soir). Celle-ci incarne les différentes facettes typiques de la femme désirée par le célibataire qui est à la recherche de la femme idéale, mais imparfaite : la fille dénichée sur Internet grâce à un réseau de rencontres; celle avec qui le sexe est bon, mais avec qui on ne s'entend pas; la prostituée; la groupie «qui t'aime pour ton statut, mais pas pour ta personnalité»...
Inspiration autobiographique
On le devine assez aisément : l'inspiration est autobiographique. Après avoir présenté un spectacle avec son ex (Patricia Paquin), il illustre ensuite ce qui se passe quand «on est prêt à tout pour rencontrer quelqu'un. C'est vraiment comme une suite, sur la difficulté de se rematcher après une séparation. Il faut être capable d'en rire», croit Mathieu Gratton.
Ses propres tentatives, et leur échec, ont servi de matériau brut aux vignettes qu'il propose en spectacle. «Après cinq ans, t'es content de rencontrer quelqu'un...» dit-il, mi-figue, mi-raisin. L'humoriste dit vouloir au passage démystifier certains tabous, comme ces hommes qui finissent par combler leur manque avec une poupée gonflable ou une prostituée. «Il y a beaucoup de monde qui y ont recours sans s'en vanter.» Cette fois, il a dû faire de la recherche, prétend-il. Il a notamment payé une prostituée pendant une heure pour qu'elle réponde à ses questions...
Mais, sur le fond, Mathieu Gratton illustre le grand désarroi d'une moitié de la population qui cherche à atteindre le but ultime de la normalité : être en couple. «Il y a une pression sociale, qui vient parfois des amis, de la famille. Il y a des gens qui paniquent et qui cherchent désespérément l'âme soeur.»
Comme disait le défunt magazine Croc : c'est pas parce qu'on rit que c'est drôle.
Vous voulez y aller?
QUI : Mathieu Gratton
QUAND : 10 mars, 20h
OÙ : salle Albert-Rousseau
BILLETS : 37,50 $
TÉL. : 418 659-6710











