C'était en août dernier. Au milieu de ce qu'on a appelé la «guerre des festivals». Les FrancoFolies de Montréal venaient d'annoncer unilatéralement leur déménagement d'août à juin. Le directeur général du FEQ, Daniel Gélinas, avait alors confié ses craintes de perdre des commanditaires et de ne pouvoir présenter certains artistes français qui lui préféreraient la métropole.
Selon ce que disait le directeur, les uns comme les autres devraient dorénavant choisir l'événement qui leur offrira la plus grande visibilité en raison de la trop grande proximité des dates de présentation des deux festivals. À cette époque, il avait même identifié Air Transat dans la colonne des pertes potentielles, affirmant que la compagnie aérienne «pourrait être tentée de se positionner dès juin sur le marché». L'avenir lui a donné raison.
«On l'a perdu. C'était un de ceux qui étaient à risque lors du changement de dates des FrancoFolies. Nous avions une collaboration de plus de 10 ans avec eux. Ils nous ont déjà versé jusqu'à 100 000 $ et nous avions des avantages sur le prix des vols. L'an dernier, nous avons reçu 50 000 $. Là, c'est zéro», raconte M. Gélinas au Soleil.
La décision a été rendue récemment. Dans une lettre envoyée au FEQ, Air Transat explique que la situation économique actuelle l'oblige à cesser certains partenariats, dont celui avec le Festival d'été. Toutefois, sa collaboration avec les FrancoFolies se poursuit. «Ce n'est pas parce qu'ils ne font pas de bonnes affaires à Québec», juge le dg.
«On avait identifié ça [la perte de commanditaires] comme un problème potentiel, mais on ne pensait pas que ça arriverait aussi rapidement. J'espère que ça ne donnera pas l'envie à d'autres», ajoute-t-il.
Le FEQ compte sur des subventions et des commandites qui totalisent 16 millions $. La perte d'Air Transat représente donc moins de 1 % de son budget. N'empêche, Tourisme Québec a déjà été avisé de la situation. Reste à voir si la somme perdue sera récupérée d'une autre manière.












