Difficile de résister au charme d'Andrea, avec sa voix gracieuse, son accent adorable et sa belle candeur. Et puis, une anglophone qui invente une musique pour un poème de Victor Hugo (touchante Demain, dès l'aube) et qui chante Gainsbourg et Françoise Hardy, ça fait vibrer en nous des cordes sensibles, c'est comme une déclaration d'amour à notre langue, à une part de ce que nous sommes.
Mais si on craque pour Andrea Lindsay, c'est aussi parce qu'elle est une mélodiste douée qui nous donne envie, souvent, de chanter avec elle ses jolis refrains.
Chacune des deux parties de son spectacle a commencé avec des chansons plus mélancoliques, comme sa Lettre à un chien, que l'on croit être la complainte de l'absence de l'amoureux jusqu'à l'avant-dernière ligne, ou la belle Comment te le dire, chanson composée en pensant à son premier kick; deux années à espérer un garçon sans trouver le courage de lui dire l'émoi qu'il suscitait. Et puis, après quelques chansons tristes, Andrea nous donnait immanquablement l'envie de danser, avec ses rythmes joyeux, ses sourires enjoués et une sorte de légèreté que l'on associe aux années 60. On aurait étiré le temps pendant Le charleston, la plus délicieuse des chansons du disque Les sentinelles dorment. Il y avait là une joie et une sorte d'innocence, si fortement ressenties qu'on ne voulait plus quitter ces notes sautillantes.
En musique, Andrea Lindsay était merveilleusement entourée. Violoncelle, contrebasse, trombone, vibraphone, piano et guitare : la formation ne manquait pas d'originalité. Et puis, ce sont des musiciens inspirés qui jouaient et partageaient le plaisir des belles chansons.
On pourrait reprocher à la chanteuse de ne pas avoir renouvelé ses emprunts à Gainsbourg et à Hardy, déjà présents dans la tournée précédente, mais je n'y arrive pas. Elle les réussit trop bien, et le plaisir de les entendre est trop grand.












