«En deux heures, je fais plus que les députés en quatre ans! Crois-moi, ça bouge, on en change des affaires!»
En tant qu'humoriste et puisqu'il est son propre patron, Guy Nantel n'a d'autres limites que celles de son imagination. Et peut-être aussi celles de l'idéologie que défend son personnage dans son nouveau spectacle, La réforme Nantel, bientôt à la salle Albert-Rousseau.
«Il est assez à droite quand même... C'est plus drôle en humour, ça donne lieu à tous les excès.»
Bien sûr, il y a le risque que des spectateurs le prennent au pied de la lettre et confondent l'homme avec le personnage à grande gueule. Mais Nantel assume. Il dit même trouver aussi fous les arguments de ses détracteurs que ceux de ses défenseurs dans les forums Internet.
«Si les gens ne comprennent pas le deuxième degré, on ne fait plus d'art, mais des conférences... Mais il y a un risque [de confusion], c'est sûr. Ça arrive même qu'il y a des gens qui me prêtent des propos que je n'ai jamais tenus. Un soir, un gars m'a dit qu'il était comme moi, qu'il tuerait tous les gais... Quoi??? Mais j'ai jamais dit ça, moi!»
Chose certaine, Guy Nantel ne s'empêcherait pas de faire des blagues sur les homosexuels ni les handicapés : le politiquement correct, il laisse ça aux vrais politiciens.
«De toute manière, on n'arrête pas de dire que les handicapés font partie de la société et qu'ils ont un statut égal. Ça veut dire qu'on a le droit de faire des jokes sur eux. Les écarter serait les diminuer.»
Le réformateur incarné par Guy Nantel a beau être un excessif qui porte à droite pour joyeusement provoquer les spectateurs, son créateur a d'autres ambitions que de faire rire, même si c'est l'ultime plaisir de l'humoriste.
«Dans le spectacle, il y a des bouts provocateurs ou engagés. Pour moi, le rire dans l'humour est comme la jouissance dans le sexe : c'est beau, mais il faut autre chose que le bang-bang sinon c'est un peu vide. Pour moi, cette démarche est sérieuse, même s'il ne faut pas tout prendre au sérieux. Mais il y a quelque chose qui se dit dans le spectacle face à la responsabilisation de chacun et face à l'espoir aussi. Parce que changer des choses dans la société, ça se peut.»
Au fond, c'est peut-être une part d'idéalisme qui pousse Guy Nantel à vouloir réformer notre système ou, à tout le moins, susciter une réflexion.
«Oui, des fois, je fais la morale et je le reconnais. Mais on veut tellement, au Québec, mettre tout le monde sur un pied d'égalité qu'on ferme la porte aux intellectuels, aux sages. Dans les émissions de débats, ce sont toujours les quatre mêmes personnes qui viennent débattre. Le jour où on écoutera les gens vraiment pertinents qui ont le courage de leurs opinions, on va peut-être changer des choses dans la société», affirme-t-il sans détour.
Trop sérieux
Au fil des ans, Nantel s'est essayé, sans trop de conviction, à autre chose qu'à l'humour social. Dans les années 90, personne ne voulait de ses blagues jugées trop intellectuelles, surtout portées par un gars qui n'avait ni les cheveux en pétard, ni un regard de fou furieux.
«On me disait que j'avais l'air trop sérieux... C'était l'apogée de Piment fort, de la jokette, du grand déconnage. Je n'ai rien contre, mais je n'étais pas à ma place là-dedans.»
Les portes se sont finalement ouvertes pour l'humour social et politique de Guy Nantel. Le succès est enfin au rendez-vous : les critiques sont élogieuses, l'humoriste prévoit donner plus de 60 spectacles en 2010 et des supplémentaires s'ajoutent.
«Je n'ai pas de complexe d'infériorité quant au nombre de gags à la minute, mais la couche supplémentaire, c'est que je donne beaucoup de claques.»
Vous voulez y aller?
QUOI : La réforme Nantel
QUI : Guy Nantel
QUAND : 23 et 24 mars, 20h
OÙ : salle Albert-Rousseau
BILLETS : 34 $ (17,50 $ étudiant)
Réservation : 418 659-6710











