L'homme est du genre à susciter les questions plus qu'à donner des réponses. Lui-même fasciné par le mystère, il souhaite éveiller les gens à sa passion.
«J'ai un esprit rationnel, scientifique, mais il arrive toujours un point où on est face aux limites de notre compréhension. Je trouve qu'il y a une beauté absolue dans l'acceptation qu'il y a des choses qu'on ne peut pas comprendre», dit-il.
Gary Kurtz s'est installé à la salle Albert-Rousseau cette semaine pour les premières représentations de son nouveau spectacle. Pour le créer, il s'est entouré d'Alexis Martin à la mise en scène et de Benoît Charest à la musique, notamment. Il a habillé la scène d'un grand décor en bois et de projections qui évoquent le passage du temps, l'évolution naturelle et la justice.
Kurtz veut être plus qu'un homme aux cent tours. Il fait un peu le comédien au début et à la fin de la représentation, invitant les gens à entrer dans les mystères de la vie, de l'infiniment grand à l'infiniment petit. Il montre par exemple la ressemblance entre un atome et Saturne, entre un insecte et un masque africain.
«Dans le premier spectacle, c'étaient des tours et les gens se demandaient toujours comment je les faisais. Là, je voulais que les gens pensent moins à ça et qu'ils embarquent dans le monde selon Kurtz. La mise en scène, la musique, le décor, les projections font partie d'un tout et donnent plus de profondeur. Mais les questions restent toujours : est-ce que des gens sont vraiment capables de faire de telles choses? Je ne veux pas que les gens répondent à cette question, je veux qu'ils se la posent, c'est tout.»
Toujours avide de faire des liens entre les choses et les phénomènes qu'il observe, Gary Kurtz dit vivre dans un musée de sciences naturelles. Il possède chez lui une collection de 25 000 coléoptères et passe beaucoup de temps à courir les jungles pour faire des photos, capter des moments dans le temps. Car le temps est un autre mystère qu'il aime contempler.
«C'est important pour moi de ramener les gens aux grandes questions, à la fatalité de la vie par exemple. À la fin, je rappelle aux gens qu'il faut profiter de la vie, puisqu'on finit tous par mourir.»
Gary Kurtz ne se contente donc plus d'être amuseur public, il tend vers la philosophie, il donne au mystère des dimensions qui dépassent celles des tours de magie. Et si la première tournée s'est déroulée uniquement dans la francophonie, celle-ci devrait percer le marché anglophone, un retour aux sources pour cet Ontarien d'origine, Montréalais d'adoption.
«Je crois que c'est un produit qui ne pouvait pas être créé ailleurs qu'au Québec. Quelqu'un de Las Vegas n'aurait jamais osé faire un tel spectacle hybride! Mais c'est une production québécoise qu'on veut exporter, je veux prouver que ça va marcher en anglais aussi.»
Vous voulez y aller?
QUI : Gary Kurtz
QUAND : ce soir et demain, 20h
OÙ : salle Albert-Rousseau
BILLETS : 52,95 $ et 54,95 $
RÉSERVATIONS : 418 659-6710











