La Noce à la salle Multi de Méduse: ballet migratoire

La notion de mariage, de célébration, comme l'indique... (Pilar Macias)

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La notion de mariage, de célébration, comme l'indique le titre de l'oeuvre, est très présente. Elle est accentuée par l'utilisation de grands voiles blancs qui donnent de l'ampleur et de la grâce aux mouvements des danseurs.

Pilar Macias

Alexandra Perron
Le Soleil

(Québec) Les oies blanches sont fascinantes. Majestueuses, elles combattent le vent, dansent au-dessus du fleuve, volent des kilomètres durant, tissent et brisent des liens. Riopelle les a immortalisées en peinture, la chorégraphe Chantal Caron les a transposées en danse. Inspirée de leur ballet migratoire, elle offre avec La noce et sa gestuelle mi-oiseau, mi-humaine une belle étude de l'animal.

Créée à l'été 2008 et présentée dans sa première version en plein air lors de la Fête des chants de marins de Saint-Jean-Port-Joli, cette chorégraphie a été renouvelée pour la scène. Évidemment, on sent moins l'air du large devant le décor noir de la salle Multi de Méduse, où le spectacle est présenté jusqu'à demain. Des rameaux suspendus rappellent branches et feuillages jonchant les berges. Quelques miroirs font timidement office d'eau.

Par contre, dès que la première danseuse apparaît, on reconnaît immédiatement la mimique de l'oiseau. Le déhanchement, le jeu de tête et de cou, les mains qui deviennent pattes ou bec... L'effet se multiplie au contact des autres danseurs (ils sont quatre en tout : Geneviève Boulet, Daniel Firth, Karine Gagné et Charlotte Lebossé). S'ensuit une parade pleine de fougue, d'assauts et de tension charnelle.

Sur plusieurs tableaux, les couples se forment et se défont. Les interprètes, très convaincants, dévoilent le jeu cruel de la séduction et des conquêtes amoureuses, où s'entremêlent sensualité, passion et jalousie. À travers leurs prises de bec, on remarque quelques clins d'oeil aux arts martiaux.

Outre ces épisodes de compétition, la notion de mariage, de célébration, comme l'indique le titre de l'oeuvre, est très présente. Elle est accentuée par l'utilisation de grands voiles blancs qui donnent de l'ampleur et de la grâce aux mouvements des danseurs. Ces accessoires auraient toutefois suffi comme référence à la noce. Le banc d'église devient alors superflu, bien qu'il permette de varier la chorégraphie.

Parmi les moments forts du spectacle, mentionnons le tango électronique à trois sous les projecteurs rouges (et sur la musique de Gotan Project). Du rythme, de beaux mouvements de bras et un intéressant synchronisme.

Dommage que les transitions dans la trame sonore très changeante ne soient pas aussi réussies.

Vue en après-midi hier, La Noce 2010-OpusIII de la compagnie Fleuve-Espace danse sera présentée encore aujourd'hui à 13h30, puis ce soir et demain soir à 20h à la salle Multi de Méduse.

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