«C'est en quelque sorte la perfection musicale... Ça demande de l'émotion, des nuances... Je n'ai jamais fait ça de ma vie, c'est un danger extrême.»
Le spectacle en question s'appelle Avec tambour ni trompette et il sera présenté au Grand Théâtre le 26 mars. Bien sûr, ça va rocker; on sera chez Charlebois. Mais l'artiste dit qu'il va dans des endroits où il n'est jamais allé avant. Il chante beaucoup de chansons écrites par Réjean Ducharme, qu'il avait très peu jouées en tournée. Et puis, il essaie trois nouvelles chansons par soir...
«Si les gens me disent qu'une chanson est bonne, je la jette. Je veux des larmes ou des rires dans la salle; le public me sert de producteur.»
Oui, oui, Charlebois prépare un nouveau disque! Avec un peu de chance, il sera lancé à l'automne, mais rien n'est certain. Garou premier attendra d'être satisfait de ses compositions.
«Je ne veux pas faire un album qui soit joli. Je veux un album transcendant», explique-t-il avec enthousiasme et conviction.
«Quand j'étais jeune, on produisait tellement qu'il y avait forcément de la scrap, mais dans un album, il y avait deux ou trois chansons fortes qui restaient. Maintenant, il y a le risque qu'à trop vouloir bien faire, je finisse par ne rien faire...»
Apprendre à chanter
Si Robert Charlebois avait toujours eu cette exigence artistique, il n'aurait pas sorti un disque par année entre 1965 et 1974. Mais ce nouveau standard de qualité explique nécessairement pourquoi il n'a rien offert depuis 2001, à part des spectacles. En fait, depuis la sortie de Doux sauvage, il est perpétuellement en tournée.
«C'est vrai. On dirait que pendant la première moitié de ma vie, la seule chose qui m'intéressait était d'écrire et de composer. La scène, c'était synonyme de laryngites et il me fallait des suppositoires dans le c... pour passer à travers.»
Tout a changé pendant l'année de ses 50 ans, un soir où Robert Charlebois est allé voir son ami Julien Clerc en spectacle. Étonné de l'entendre chanter mieux encore que dans sa vingtaine, Charlebois lui a demandé quel était son secret.
«Il était allé voir une dame [Annette Charlot] qui donnait des cours de chant. Je suis allé voir cette dame en acier qui ne laissait rien passer. Elle m'a dit que j'avais toujours mal chanté et que c'était un miracle si je n'avais pas eu plus de problèmes. À cause des cours, je me suis mis à aimer chanter, à le faire plus facilement et plus longtemps. Elle m'a appris à chanter et je me suis mis à redécouvrir mes propres chansons. Mon plaisir s'est inversé : le chanteur a pris le pas sur le compositeur, et je me suis mis à faire des tournées.»
Robert Charlebois y va quand même à son rythme, il aime profiter de la vie hors la scène. Il lit beaucoup de romans, pour se «désintoxiquer de la télé», il dévore les journaux français et québécois, et il essaie de jouer au golf une fois par semaine. «C'est un travail, on ne joue pas au golf... Quand on triche son golf, c'est soi-même qu'on triche», dit-il.
Autrement, il va pêcher, souvent, parce que «c'est ce qu'il y a de plus beau et mystérieux».
N'imaginez toutefois pas qu'il se contenterait de ses loisirs pour vivre heureux; sa vie en chansons lui manquerait beaucoup trop.
«La seule chose qui ne me fait pas rêver, c'est la retraite.»
Vous voulez y aller?
QUOI : Avec tambour ni trompette
QUI : Robert Charlebois
QUAND : 26 mars, 20h
OÙ : Grand Théâtre de Québec
BILLETS : 45 $ (34 $ étudiant)
réservation : 418 643-8131











