Bolton a peut-être perdu sa longue crinière, mais il a toujours une voix solide, qu'il ne craint pas de mettre ne valeur. À son entrée en scène, sur les airs de Soul Provider, il l'a vite rappelé. Arborant un veston de velours gris sur sa chemise blanche, piqué d'une broche de pierres précieuses assortie à sa boucle d'oreille, notre homme s'est présenté avec son air sérieux habituel, que le public a su dérider en lançant des «je t'aime Michael» ou «merci, Michael».
Ceux qui s'attendaient à ce que le chanteur leur serve ses plus grands succès romantiques ont dû prendre leur mal en patience. Certes, il a sorti une Said I Loved You But I Lied sentant un peu le renfermé avec ses claviers vieillots et sa batterie synthétique, mais il a été surtout occupé à toucher au répertoire qui l'a intéressé ces derniers temps : des reprises comme To Love Somebody, une étonnante Summertime ou encore le Nessun Dorma de l'opéra Turandot, qui lui a valu une ovation monstre.
On ne refera pas Bolton. L'Américain aime pousser sa voix plus que le client en demande, tend à être poseur ou à choisir des refrains usées à la corde - avait-on vraiment besoin d'une autre version de New York, New York? Cela dit, on ne peut nier qu'il connaît son boulot et qu'il s'acquitte bien de ses tâches. Il prend le temps de jaser avec son public et s'entoure d'une équipe de musiciens compétents, qui rendent son répertoire avec précision. Aussi, même si le spectacle a parfois manqué de rythme et que certaines pièces ont moins bien fonctionné que d'autres, personne -pas même ces messieurs qui accompagnaient leurs femmes - n'a semblé s'ennuyer, surtout que Bolton avait préparé toute une surprise : il est apparu dans la foule pour chanter When a Man Loves a Woman. Qui plus est, il a été généreux : quand nous avons dû partir, il restait une demi-douzaine de titres au programme...












