Luc De Larochellière: un toi sur nos coeurs

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Entouré de trois musiciens, Luc De Larochellière présentait... (Le Soleil, Martin Martel)

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Entouré de trois musiciens, Luc De Larochellière présentait son nouveau spectacle devant une salle remplie à craquer.

Le Soleil, Martin Martel

Valérie Lesage
Le Soleil

(Lévis) Il y a des artistes qu'on rêve de voir accueillis généreusement, avec ovations, bravos et sifflements, parce qu'on a l'impression qu'ils ont, pendant des années, donné plus qu'ils n'ont reçu. Et jeudi, à L'Anglicane, il y avait le bonheur de voir ce rêve réalisé pour Luc De Larochellière, qui présentait son nouveau spectacle devant une salle remplie à craquer.

Entouré de trois musiciens, l'auteur-compositeur-interprète nous a plongés dans les profondeurs de l'âme, d'amours impossibles en désamour, de rage en jalousie, de rêves en deuils et en tourments. Il y avait évidemment beaucoup de chansons de son magnifique disque Un toi dans ma tête, chantées et jouées presque sur le ton de la confidence. Mais il y a eu, aussi, bien sûr, les chansons d'avant : Si fragile, si riche dans la simplicité d'une interprétation guitare-voix, Amère America, réglée, saccadée, obsédante dans le rythme du piano et des percussions, ou bien Chinatown, la chanson qui l'a «presque fait con­naître», a-t-il dit, car tout le monde croyait que c'était une pièce de Daniel Lavoie.

Toutes les chansons d'avant nous sont parvenues à l'oreille autrement, dans des arrangements très différents des versions originales, mais qui ne trahissaient jamais l'essentiel. Les chansons nouvelles, elles, déjà bien connues du public, accueillies avec des applaudissements nourris, étaient beaucoup plus proches du disque. Et puis, il y a eu de petites surprises, comme La mauvaise herbe, composée pour Marie Carmen, avec un titre emprunté à Brassens, par inadvertance. «Si seulement nos droits d'auteurs pouvaient se croiser!» a blagué le chanteur.

Tout a été présenté sans artifices, avec une grande simplicité, une petite touche d'humour, et surtout, avec beaucoup de sensibilité et d'authenticité. Je me sens encore enveloppée par la tristesse de Beauté perdue, par cette douleur sublimée par la poésie et la mélodie. Plus tard, on mordait dans la colère libératrice de Les murs, portée par un rythme et une tension proches de la paranoïa. Et tout le temps, cette impression de vivre des moments parfaits. Parce que ce spectacle est irréprochable, à tous points de vue. Des paroles riches de sens, une écriture magnifique, des mélodies solides, une voix pleine d'émotion, des musiciens doués, des arrangements audacieux, sans être trop présents, des éclairages feutrés, une présence humble et généreuse; bref, un retour sur scène plus que pertinent, une soirée étoilée, Un toi dans ma tête qui s'est posé sur nos coeurs, qui nous habite désormais.

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