Arthur H: Monsieur Fantastique

L'auteur-compositeur-interprète français Arthur H amorçait sa tournée québécoise,... (Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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L'auteur-compositeur-interprète français Arthur H amorçait sa tournée québécoise, hier, au Petit Champlain.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

Valérie Lesage
Le Soleil

(Québec) C'était à la fois loufoque, drôle et poétique, doux et hypnotique, fantaisiste et romantique, c'était... Arthur H. Car qui d'autre que lui peut nous faire voyager dans autant de pays en une seule soirée?

L'auteur-compositeur-interprète français amorçait sa tournée québécoise au Théâtre Petit Champlain hier soir, seul au piano, devant un public de fidèles prêt à le suivre dans tous ses détours, même du côté du kitsch, puisque c'était pour rire.

Sur une scène presque nue, dans des éclairages très discrets, Arthur H nous a présenté les femmes de ses chansons, à commencer par Bo Derek. Il nous a fait voyager dans l'Amérique des rêves, celle de New York City, des chercheurs d'or et des westerns. Et puis, il nous a emmenés au ciel, le temps d'embrasser la lune.

Pour nous faire croire à Las Vegas, il a sorti un arbre de lumières, heureux de clignoter au rythme de la musique, après avoir subi la noirceur de la valise depuis Istambul, d'où l'artiste arrivait.

Arthur H avait beau être seul au piano pour occuper l'espace sonore et visuel, on ne retiendra certainement pas de son concert qu'il était tranquille. Monsieur H se sert de son instrument d'une manière singulière, il le fait entrer dans les zones sensibles avec des touches légères et, plus tard, en lui faisant suivre le métronome intégré à son iPhone placé sous un micro, il le fait entrer dans le territoire vibrant et hypnotisant de New York City. Dans Raïssa, il modifie la sonorité du piano et, quand il en joue ensuite, on a l'impression d'entendre deux instruments. Du bout de ses doigts, la tension monte et monte et monte jusqu'à la transe. Si Arthur H n'est pas alors entré dans le son, nous on y était, c'est sûr!

Le concert aurait été formidable simplement pour la musique, mais en plus, l'artiste nous a comblés par son humour. Il fallait entendre son improbable histoire de trois petits nains qui nous a menés à un refrain tout aussi improbable, mais furieusement joyeux : «La vie c'est du chocolat, la vie c'est la vache qui rit ah! ah! ah!» Et que dire des claviers kitsch d'Est-ce que tu aimes?, sinon qu'ils ont eu un effet euphorisant?

Comment aller dormir après tant d'intensité? Je ne sais pas, mais si l'insomnie doit suivre, elle aura la couleur de la fantaisie d'Arthur H et ce sera beau comme un rêve...

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