Ses admirateurs - dont plusieurs hommes qui ont manqué le septième match du Canadien, quand même! - semblaient l'attendre avec impatience. À part une saucette en 2008, lors du spectacle Paris-Québec, pour le 400e, il faut dire qu'Yves Duteil s'est laissé désirer; il a été accueilli, hier, avec la chaleur qu'on réserve au retour d'un vieil ami.
Il a ouvert la soirée, seul à la guitare, avec Si j'étais ton chemin, de son nouvel album, (Fr)agiles, sorti il y a un an après un silence de sept ans dans l'écriture de nouvelles pièces. La chanson a été écrite pour son petit-fils. Duteil a d'ailleurs interprété les 12 pièces de son nouvel album, rejoint sur scène par deux excellents musiciens, lors d'un tour de chant sans entracte de deux heures et de plus d'une vingtaine de chansons.
Serez-vous surpris si on vous dit que la première réaction forte a été provoquée par Prendre un enfant par la main? Saluons le respect du public (mature), qui ne s'est pas mis à chanter à tue-tête des paroles que tout le monde connaît... mais qui les a entonnées de bon coeur lorsque invité à le faire par le chanteur. Chanteur qui jouit toujours, après plus de 30 ans de carrière, d'une voix encore aussi belle et juste, une valeur ajoutée à toutes ses chansons.
Bien sûr, son thème de prédilection demeure l'amour sous toutes ses formes, mais Yves Duteil aborde également des sujets beaucoup plus sérieux, comme le tsunami de 2004 (Deux enfants du Talmil Nadu), la guerre (Ma terre humaine) ou la violence conjugale (Où vis-tu Pauline?). Il se permet aussi d'être plus taquin, jouant au téléphone arabe avec son public, du parterre au balcon, avec La rumeur. La rumeur qu'il a lancée, hier soir? Si vous trouvez le même spectacle moins cher ailleurs, on va vous rembourser! Une rumeur qui s'est transmise, en rigolant, avec plus ou moins de succès, comme tout bon exercice de téléphone arabe.
Vous me direz peut-être qu'Yves Duteil a un style qui ne plaît pas à tous, à la limite un peu ennuyant, mais ses mélodies sont belles et variées, les textes finement ciselés et, ma foi, les nombreux spectateurs présents, hier, en semblaient tout à fait ravis. Le style jazzé de quelques pièces lui va également particulièrement bien. Un spectacle réussi, à la mise en scène sobre, simple mais efficace, qui s'est conclu, toujours en douceur, avec l'incontournable La langue de chez nous. Comme dit le slogan, y'a pas de mal à se faire du bien.











