Lors de cette nouvelle soirée en terre québécoise (il était l'invité du Club musical de Québec en mars, au Grand Théâtre, avec le violoncelliste Gautier Capuçon), Menahem Pressler se joindra cette fois au Quatuor Pacifica. Une formation américaine avec qui il s'est déjà produit. Au programme, les musiciens serviront le Quatuor no 3 de Chostakovitch et un des chefs-d'oeuvre de Schumann, le Quintette avec piano, opus 44. Le pianiste jouera également les exotiques Estampes de Debussy.
Professeur passionné
Pris dans le tourbillon des concerts, le virtuose Pressler prend tout de même le temps de s'arrêter partout dans le monde pour offrir des classes de maître, ce qu'il fera en matinée vendredi auprès des stagiaires de l'Académie du Domaine. En visionnant les vidéos sur son site Internet menahempressler.org, on sent toute la passion du pédagogue. «Ce que j'essaie d'apprendre à mes étudiants, c'est que la pièce qu'ils jouent, ils doivent l'aimer et non pas seulement l'apprendre et l'admirer. Ce n'est pas assez.»
M. Pressler est aussi professeur honoraire à la Jacobs School of Music de l'Université de l'Indiana, à Bloomington. Une ville qu'il a adoptée il y a plusieurs années, charmé par sa petitesse et l'esprit de son école de musique. Ceux à qui il y enseigne sont pour lui comme ses enfants. «Je les aime et je me soucie d'eux. Je pense à eux constamment et je veux les voir réussir», peut-on lire encore sur son site.
Parmi les élus, mentionnons le jeune pianiste de Québec Maxim Bernard qui étudie au doctorat à ses côtés. «C'est son envergure et l'étendue de son talent de pianiste qui le distingue des autres. Il peut jouer avec puissance tout en maintenant une sensibilité, une intimité bien à lui dans sa musique», décrit avec éloges le mentor.
Avec un bagage si immense, il semble naturel que Menahem Pressler veuille laisser quelque chose aux générations futures. Petit retour en arrière.
Né à Magdebourg en 1923, il a fui l'Allemagne nazie en 1939 pour émigrer en Palestine où il a reçu une formation musicale exceptionnelle avant de pousser ses études en Amérique. Sa carrière internationale a débuté sept ans plus tard, alors qu'il gagnait le premier prix du Concours international Debussy à San Francisco. Après ses débuts avec le Philadelphia Orchestra sous la direction d'Eugene Ormandy, il s'est produit avec les plus grands ensembles de l'époque.
En 1955, Menahem Pressler apparaît pour la première fois au sein du jeune Beaux Arts Trio au Berkshire Music Festival. Avec ce groupe, dont il est membre fondateur et qui est devenu une référence dans le monde de la musique classique, il a enregistré une cinquantaine de disques. La formation a donné ses dernières prestations en 2008. Le pianiste a par ailleurs gravé plus d'une trentaine d'albums comme soliste.
Vendredi, on promet une soirée où la finesse et la distinction de jeu de Menahem Pressler se mêleront au style exubérant du Quatuor Pacifica.
Vous voulez y aller?
Qui : le pianiste Menahem Pressler et le Quatuor Pacifica
Quand : vendredi le 30 juillet à 20h30
Où : au Domaine Forget, à Saint-Irénée
Billets : 40 $ (tarifs réduits pour aînés, étudiants, jeunes adultes et enfants)
Réservation : 418 452-3535 ou en ligne sur billetech.com











