Éblouissant Jef Neve

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Concentré sur son instrument, les yeux rivés sur... (Collaboration spéciale, Rémi Sénéchal)

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Concentré sur son instrument, les yeux rivés sur les touches, le Belge Jef Neve a déployé sa grande technique et son instinct pour servir de redoutables interprétations.

Collaboration spéciale, Rémi Sénéchal

Nicolas Houle
Le Soleil

(Rimouski) On s'attendait à ce que le passage du pianiste Jef Neve, hier, au Festi Jazz, soit l'un des moments forts de l'événement. On n'a pas été déçu. Le musicien a fait surgir de son piano un fascinant univers où l'audace et la sensibilité ne faisaient qu'un.

C'était soir de première pour l'artiste belge à la salle Desjardins-TELUS. Première halte à Rimouski, mais également premier concert au pays avec les pièces d'Imaginary Road, son album qui paraîtra à la fin septembre. Le moins qu'on puisse dire, c'est que Neve a fait bonne impression. Concentré sur son instrument, les yeux rivés sur les touches comme s'il craignait qu'une note puisse lui échapper, il a déployé sa grande technique et son instinct pour servir de redoutables interprétations.

Dès The Space We Need, en ouverture, le public a compris qu'il ne s'était pas déplacé pour rien. C'est que Neve n'est pas qu'un instrumentiste de talent. C'est un compositeur doué, qui aime faire voyager l'auditeur à travers ses pièces en empruntant des routes parfois déstabilisantes. Changements rythmiques et harmoniques, vocabulaire jazz ou classique, crescendos efficaces ou encore nuances prononcées sont autant d'éléments qu'il met à contribution. Du coup, ses Colours and Shades ou For the People surprenaient. Elles touchaient, aussi, car le jazzman a le don de ne jamais mettre la sensibilité de côté. Sa vibrante ballade Saying Goodbye on a Small Old Ugly White Piano l'a bien illustré et a assurément été le point fort du concert.

À ses côtés, le blondinet comptait son collaborateur de longue date à la batterie, Teun Verbruggen, ainsi que le contrebassiste Ruben Samama. Ce dernier, qui affectionne un son clair, a brillé par son inventivité et a fait un bel usage des harmoniques. Ensemble, les trois hommes donnaient vie aux pièces avec une cohésion telle qu'elles avaient des allures orchestrales : Neve utilisait ses deux mains à leur plein potentiel, tandis que Samama sortait son archet ou créait des boucles sonores avec une pédale à effets.

Comme le matériel était flambant neuf, les gars se sont souvent reposés sur leurs partitions, ce qui a semblé tenir Verbruggen un peu en laisse, mais pas suffisamment pour empêcher les compositions de prendre leur envol. Un concert de haut calibre, donc, que la foule, pas aussi nombreuse que le méritait l'Européen, a chaudement applaudi.

Amanda Tossof

La jeune pianiste Amanda Tossof s'est chargée d'ouvrir la soirée. Primée au Festival de jazz de Montréal, elle a présenté son matériel en quatuor avec notamment la contrebassiste Brandi Disterheft. Si ses compositions sont de facture assez classique, la Canadienne originaire de Colombie-Britannique sait les diriger efficacement. Elle a ainsi livré un programme plein de promesses, même si les musiciens n'étaient pas toujours à l'écoute les uns des autres.

Une portion des frais de ce voyage a été payée par le Festi Jazz.


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