Ce trop long gala de plus de trois heures a néanmoins été rondement mené par les Grandes Gueules.
La Presse
(D'autres réactions sur le blogue de Richard Therrien)
Décidément, les années se suivent et se ressemblent terriblement au Gala Artis, résolument le gala de TVA. Digne représentant de Radio-Canada, Guy A. Lepage ne s'est pas empêché de souligner l'incongruité en venant accepter son trophée dans la catégorie Magazines culturels et talk-show. «C'est le premier trophée de Radio-Canada, mais c'était pas dur, c'était trois nominations de Radio-Canada!»
Dans un gala dépourvu de controverse jusque-là , l'animateur de Tout le monde en parle a aussi été le seul à saluer les 800 employés qui perdront leur emploi à Radio-Canada, de même que les employés en lock-out du Journal de Montréal. Hélas, la caméra ne nous a pas montré les visages de Julie Snyder et de Pierre Karl Péladeau, qui étaient dans la salle.
Ce trop long gala de plus de trois heures a néanmoins été rondement mené par les Grandes Gueules, qui ont notamment offert un numéro d'ouverture flamboyant mais un peu éparpillé. Avec chacun deux trophées, Guylaine Tremblay et Patrick Huard ont dominé cette soirée. Pour l'interprète d'Annie, ce doublé venait clore de belle façon sept années de succès. Et pour Huard, le Rogatien de Taxi 0-22, c'était une formidable marque d'affection du public, qui l'a adoré en prof d'interprétation à Star Académie.
Un bon gala doit toujours savoir doser entre l'humour et l'émotion, ce qu'a réussi celui de dimanche. Le trio composé de Gregory Charles, Kathleen Fortin et Daniel Lavoie sur les grandes finales de la dernière saison donnait des frissons.
L'une des meilleures idées de la soirée : demander à des proches des artistes nommés pour les émissions de services de parler d'eux. On a su par la fille de Denis Gagné que son père ne faisait pas beaucoup la cuisine ni l'épicerie. Et l'irrésistible fils de Mélanie Maynard a lancé : «Maman, elle existe pas, elle est en bonhomme! Mais Batman, lui, existe!», faisant à la fois rire et pleurer sa maman.
Dans un segment poétique aussi joli qu'émouvant, plusieurs artistes ont rendu hommage en vers à leurs collègues héros et héroïnes, en nomination dans la catégorie des téléromans. Claude Legault étant absent, Hélène Bourgeois Leclerc a lu un mot de l'acteur, qui a salué l'appui de Denis Bouchard sur le plateau d'Annie et ses hommes.
Pour la catégorie des jeux, les Grandes Gueules ont envoyé leurs personnages dans les coulisses des émissions des nommés. Notamment Jocelyne, campée par José Gaudet, qui se rend compte avoir oublié de rappeler à Véro (l'ex de Gaudet) «de relire les textes avant la diffusion du Bye Bye.»
Loin de la paresse
On ne peut pas accuser l'équipe de production de paresse. À peu près tout le bottin de l'Union des artistes était sur scène ou participait à un sketch. Pas seulement des artistes, mais aussi Guy Carbonneau, que les Grandes Gueules avaient repêché pour remettre le trophée de la catégorie sport. L'ex-entraîneur du Canadien a eu droit à une ovation debout, et même au traditionnel «Ohé! Ohé! Ohé!» des amateurs.
Outre de trop nombreux problèmes de son et de prises de caméra, et un dangereux escalier, peu de choses ont cloché dans le concept. Malgré un gros problème technique en début de numéro - la musique s'est arrêtée soudainement -, la sensation de l'année sur scène, Véronic DiCaire, a su mystifier l'auditoire avec ses imitations de Madonna, de Britney Spears et de Céline Dion.
Le duo d'animateurs s'est gentiment payé la tête des patrons de TVA, de l'étage d'«en haut», se permettant même quelques gags sur la convergence de Quebecor.
D'autres idées ne cassaient rien. L'idée de demander à des personnes du public d'annoncer les pauses publicitaires est toujours risquée, et donne rarement de bons résultats. La parodie de l'émission de Josélito Michaud, rebaptisée On prend toujours une zamboni, n'était pas des plus réussies, et celle de Dieu merci! avec Éric Salvail et Gaston Lepage volait très, très bas.
Huitième trophée pour Sophie Thibault, qui en a profité pour souligner le départ de Bernard Derome, et salué sa collègue Céline Galipeau, pour la première fois en nomination. Après une année pénible à Grosse vie, Sophie Prégent a reçu une belle tape dans le dos de la part du public avec un premier trophée pour Nos étés et Miss météo. Se contentant d'un trophée au lieu de deux cette année, son mari, Charles Lafortune, est monté sur scène pour Le cercle.
En guise de prix de consolation, Germain Houde a été déclaré par les internautes «l'artiste s'étant le plus illustré dans une émotion autre que la douceur» pour sa formidable scène de fessée dans Les invincibles. Pas de trophée mais une boule antistress à M. Houde.
Reparti bredouille, Dany Turcotte a pris part à un numéro délirant sur la musique de C'est bon pour le moral, dans les couloirs de Radio-Canada, avec Guy A. et France Beaudoin. Venu au bras de son conjoint, le fou du roi marquait ainsi une première au Gala Artis.
Les lauréats
> ANIMATEURS-ANIMATRICES BULLETINS DE NOUVELLES
Sophie Thibault
> ÉMISSIONS D'AFFAIRES PUBLIQUES
Denis Lévesque
> ÉMISSIONS DE SERVICES
Gino Chouinard
> ÉMISSIONS DE VARIÉTÉS OU DE DIVERTISSEMENT
Éric Salvail
> MAGAZINES CULTURELS ET «TALK SHOW»
Guy A. Lepage
> ÉMISSIONS DE JEUX
Charles Lafortune
> ÉMISSIONS DE SPORTS
Pierre Houde
> RÔLE MASCULIN TÉLÉSÉRIES QUÉBÉCOISES
Frédérick De Grandpré
> RÔLE MASCULIN TÉLÉROMANS QUÉBÉCOIS
Claude Legault
> RÔLE FÉMININ TÉLÉSÉRIES QUÉBÉCOISES
Sophie Prégent
> RÔLE FÉMININ TÉLÉROMANS QUÉBÉCOIS
Guylaine Tremblay
> ARTISTES D'ÉMISSIONS HUMOUR
Patrick Huard
> ARTISTES D'ÉMISSIONS JEUNESSE
Mariloup Wolfe
> PERSONNALITÉ MASCULINE
Patrick Huard
> PERSONNALITÉ FÉMININE
Guylaine Tremblay















