Lock-out au Journal de Montréal: LCN brille par son silence

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Lock-out au <i>Journal de Montréal</i>: LCN brille par son silence

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Lors d'un point de presse devant l'édifice du Journal, rue Frontenac, à Montréal, des syndiqués se sont détachés du groupe pour entrer dans leur salle de rédaction. La journaliste de RDI Caroline Belley et son caméraman les ont suivis.

La Presse

Richard Therrien
Le Soleil

Les employés en lock-out du Journal de Montréal ont choisi mercredi de marquer les six mois du conflit en forçant les portes de leur salle de rédaction. Il fallait cependant regarder RDI pour le savoir. LCN, la chaîne d'information de Quebecor, a choisi de faire comme si l'incident n'avait jamais eu lieu.

Qu'on soit d'accord ou pas avec les revendications des lock-outés, cet événement peu banal méritait une présence aux nouvelles. À RDI, on dit avoir fait comme n'importe quel événement du genre, en dépêchant un caméraman et une journaliste sur les lieux.

Lors d'un point de presse pour souligner les six mois du lock-out, des syndiqués se sont détachés du groupe pour entrer dans l'édifice du Journal, rue Frontenac, à Montréal. La journaliste de RDI Caroline Belley et son caméraman ont pu entrer dans la salle de rédaction avec les employés en lock-out. Les images, qui montraient un peu de brasse-camarade entre lock-outés et agents de sécurité, ont été diffusées en direct, un peu après 16h.

Au même moment, à LCN, on traitait de la décision du gouvernement conservateur de ne pas subventionner le festival gai Divers/Cité à Montréal. Rien sur les six mois du conflit ni sur le point de presse, encore moins d'images du coup d'éclat. Où était le réflexe LCN?

On pourrait mettre ça sur le compte du manque d'efficacité, mais TVA a raté sérieusement son coup tout le reste de la soirée. La nouvelle n'a eu droit qu'à quelques mots de Paul Larocque à 17h33, plus d'une heure et demie après l'incident, à TVA et à LCN. Le réseau n'a pas présenté de reportage et n'a pas informé le public par une mention dans la bande défilante au bas de l'écran à LCN, contrairement à ce qu'il aurait fait en temps normal. À 22h, la nouvelle a tout simplement été retirée du bulletin de Julie Couture. À Radio-Canada, le journaliste Davide Gentile couvrait l'événement, comme il se doit.

Or, une journaliste de TVA avait bel et bien été envoyée sur les lieux avec un caméraman.

Dans ces conditions, comment se fait-il que le réseau ait décidé de ne pas diffuser de reportage? Il est impensable qu'un service d'information puisse laisser passer un tel coup d'éclat.

«Le syndicat nous convoque tous les mercredis depuis des mois. On ne se déplace pas tout le temps», plaide la porte-parole de TVA, Nicole Tardif. La rencontre de mercredi marquait pourtant les six mois d'un conflit de travail, un «anniversaire» que ne manquent pas de souligner les réseaux, y compris TVA.

Les cadres de TVA ont-ils si peur de déplaire? Craignent-ils des remontrances? Marche-t-on sur des oeufs? Au service des communications de TVA, on est persuadé que RDI était de connivence avec les employés en lock-out. «Ils avaient envoyé un camion micro-ondes dès 11h30 le matin. Il fallait qu'ils sachent qu'il allait se passer quelque chose. Le fait qu'ils aient été là diminuait l'intérêt de notre côté», affirme Nicole Tardif.

Radio-Canada rétorque que le camion a été envoyé en matinée, puisqu'une entrevue avec le président du syndicat des communications, Reynald Leblanc, était prévue le midi. «Nous ne savions pas qu'ils feraient un coup d'éclat», assure Nathalie Moreau, du service des communications, qui ajoute que d'autres médias étaient aussi sur les lieux.

Ce n'est pas la première fois qu'un conflit de travail impliquant une filiale de Quebecor crée de telles distorsions à l'antenne. L'an dernier, un reportage sur le lock-out au Journal de Québec avait été modifié en raison d'une citation de l'ancien chef syndical, Henri Massé, très sévère à l'endroit de Quebecor.

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