L'artiste de Québec, qui s'apprête à remiser son costume de chaman après la 55e représentation, dimanche (20h10), parle avec passion de son expérience avec le Cirque du Soleil.
Parmi la cinquantaine d'interprètes qui font le déambulatoire jusqu'à l'îlot Fleurie, surtout des danseurs et des gens du cirque, on compte très peu de comédiens, indique Karl-Patrice Dupuis. Il avait une carte dans sa manche en se présentant aux auditions : «J'avais déjà fait des arts de la rue, notamment à l'Espace 400e l'an dernier, avec l'Escouade des balais.»
Sera-t-il de la prochaine mouture du Cirque l'an prochain? «Tout le monde souhaite revenir, mais personne n'est assuré de rien. Une chose est sûre, il y aura un spectacle, avec le même metteur en scène, Julien Gabriel. Sinon, ce ne sera pas la même histoire, probablement la suite de toute cette poésie.»
Québec-Montréal
Karl-Patrice Dupuis va s'ennuyer de cette deuxième famille, lui qui n'a eu que 24 heures d'affilée avec sa blonde et son fils durant tout l'été. C'est qu'en plus de ses cinq jours de travail avec le Cirque, il devait être à Montréal deux jours par semaine pour poursuivre une collaboration amorcée il y a six ans avec l'équipe de Gérard D.
Derrière la brochette de politiciens qui défilent dans l'univers de Et Dieu créa... Laflaque (de retour le 27 septembre), il y a Karl-Patrice Dupuis. Ce côté réel dans l'attitude et la façon de bouger des personnages, on le doit au marionnettiste virtuel et à la capture de mouvements. «Pierre Verville a le mandat de faire une caricature des voix; moi, de faire une caricature physique», explique-t-il.
Il incarne 90 % des politiciens, dont Pauline Marois, alors que son collègue Luc LaBarre prête principalement son corps à Gérard D. lui-même.
Son personnage préféré? «Gilles Duceppe, celui pour qui on est allé le plus dans la caricature.» À l'origine, il est pourtant d'un naturel sérieux, tout comme Michael Ignatieff, nouveau venu dans l'arène de Gérard D. «Pour l'instant, avec Ignatieff, on reste très simple. L'humour est plus dans ce qu'il dit.»
Denis Coderre, par contre, est un nouveau sujet inspirant. «Il arrive dans des situations où il n'a pas rapport et il se met à donner des cartes de membre du Parti libéral à tout le monde.»
Karl-Patrice Dupuis est impressionné par la prouesse de créer une émission de 30 minutes en animation chaque semaine.
«Quand on pense que Pixar et Disney mettent des années à sortir un film de 1h30, 1h45...»
Pour arriver à cet exploit, l'équipe d'une cinquantaine de personnes utilise des raccourcis. Des ordinateurs capturent chaque mouvement d'articulation. Puis, grâce à des télévisions placées tout autour du studio, les acteurs peuvent se voir faire en temps réel, dans l'univers de Laflaque, avec le décor et les accessoires. «Ça accélère énormément le processus.»
Autre raccourci : la reconnaissance vocale pour les mouvements de bouche. «On a aussi une trentaine d'expressions de visage et l'animateur peut décider de donner 70 % de l'expression fâchée avec 30 % de l'expression sourire en coin à tel moment précis.»
Toute cette magie opère sous la surveillance de Serge Chapleau, le concepteur. «Il a besoin que les gens soient efficaces et bons. Serge, là-dedans, c'est Dieu. Il donne ses volontés, d'autres exécutent et c'est correct ainsi.»











