Le contrat en question, qui devait se prolonger sur six semaines, impliquait la commandite d'une chronique de suggestions de DVD, de CD et de livres, publiée dans l'édition papier et sur Internet. Rédigées à l'interne, ces chroniques portaient le sceau «V approuve». Seulement trois de ces publicités déguisées auront été publiées, et une dernière le sera jeudi.
Dans son billet qui a choqué les patrons de V, intitulé «Un peu plus bas» et publié le 27 août dernier, Steve Proulx s'en prenait surtout au CRTC, qui a autorisé les frères Rémillard à transformer TQS, une chaîne généraliste, en V, une chaîne spécialisée de divertissement. «Dès le 31 août, le paysage télévisuel québécois s'enrichira d'une nouvelle chaîne qui intègre la violence dans sa stratégie d'affaires. J'ai un autre mot pour ça. Il commence par "m" et finit par "inable"», écrivait le chroniqueur dans l'édition papier, de même que sur son blogue.
À V, le porte-parole David Crête affirme que la chronique de Steve Proulx «adoptait un ton méprisant et de mauvaise foi», mais qu'elle n'était pas le facteur principal à avoir convaincu le réseau de mettre fin au contrat. «Disons que c'est la goutte qui a fait déborder le vase», dit-il.
Selon lui, V songeait déjà à annuler le contrat avant la publication de la chronique pour rejoindre davantage la clientèle visée par la station. «Nous avons révisé notre stratégie publicitaire pour être plus efficaces.» N'empêche, V a maintenu un contrat similaire avec le quotidien gratuit Métro.
Le président-éditeur de Voir, Pierre Paquet, n'a jamais eu l'intention d'intervenir de quelque façon que ce soit auprès de son chroniqueur. «Je ne peux pas dire à mes chroniqueurs de se raviser parce que des annonceurs ont signé des contrats de pub, on n'a jamais fait ça.»
Même s'il savait que les propos de Steve Proulx risquaient de heurter la direction de V, M. Paquet considère qu'ils étaient justifiés. «Il écrivait que le CRTC ne jouait plus son rôle de chien de garde, et qu'il laissait faire aux télés généralistes un peu n'importe quoi, ce avec quoi on peut difficilement être en désaccord.»
Ce n'est pas la première fois qu'un annonceur retire ses pubs du journal.
«Mais ils finissent par revenir, parce qu'ils considèrent que la cible est bonne», explique M. Paquet.
À V, David Crête assure que le réseau vit bien avec la critique, et qu'il n'a pas l'intention de se prêter à une forme de chantage auprès des autres médias.
«Nous avons des partenariats avec des radios qui ne disent pas toujours des choses gentilles sur nous. Ce n'est pas dans notre intention de jouer à la chasse aux sorcières.»
Incidemment, une publicité générale de V apparaissait toujours sur la page d'accueil du site Internet de Voir hier.
Jobin et Turcot : les titres sont choisis
Les deux nouvelles émissions locales produites à TVA Québec ont maintenant des titres. Esprit sportif, le nouveau magazine quotidien d'actualité sportive animé par Stéphane Turcot, commencera le lundi 21 septembre, 23h45, à TVA, en reprise le lendemain à 13h30. Quant au magazine d'affaires publiques Québec nouvelles, piloté par Pierre Jobin, il entrera en ondes le samedi 26 septembre, à 14h30, en reprise le dimanche en fin de soirée. Les deux émissions seront préenregistrées.













