Par exemple, dans le cas des négociations à La Presse et avant l'entente de principe survenue vendredi, Le Journal de Montréal et TVA se sont montrés très intéressés par la menace de fermeture du journal au 1er décembre. Pendant ce temps, le Journal n'a pas publié un mot sur le lock-out qui sévit en ses propres murs.
La Presse, elle, a publié sept textes sur le lock-out du Journal de Montréal dans la semaine après qu'il a éclaté, en janvier dernier.
C'est normal, direz-vous, qu'un média se réjouisse des difficultés de son compétiteur. Ou qu'il fasse simplement état de ce qui se passe dans l'industrie. C'est vrai. Mais veut, veut pas, on se retrouve alors avec des nouvelles qui sont fortement teintées, ou même biaisées, alors que les journalistes ont normalement la mission d'être neutres. Dans ce cas-ci, c'est très difficile pour eux de l'être. Bien que certains médias cherchent à rester fair-play, personne ne ressort de ce jeu blanc comme neige.
Comme les turbulences que vivent les médias sont loin d'être terminées, comment le citoyen pourra-t-il s'y retrouver?
«Le citoyen a encore une vision très romantique des médias. Il les considère équitables, équilibrés et objectifs. Mais avec ce qui se passe aujourd'hui dans l'industrie, il découvre leur vraie face. Ce sont des entreprises qui sont très compétitives, qui n'hésitent pas à se faire des jambettes», soutient Jean-François Dumas, président d'Influence Communication.
De toute façon, M. Dumas considère qu'on donne trop d'attention aux conflits ou aux pertes d'emploi dans les entreprises de presse québécoises. «Les médias sont très narcissiques. Ils aiment beaucoup parler d'eux-mêmes!» Il cite en exemple des statistiques compilées par Influence Communication. En moyenne, les emplois perdus dans n'importe quelle usine au Québec vont chercher 2 % de l'attention médiatique, alors que le même nombre d'emplois perdus dans une salle de presse ou dans une station de télévision génère 4 % de toutes les nouvelles. «Pour le petit travailleur qui part avec sa boîte à lunch, ça envoie un message que son emploi est deux fois moins important que celui d'un journaliste», déplore M. Dumas.
Le professeur de journalisme à la retraite Florian Sauvageau croit de son côté qu'il est important de faire état publiquement de ce qui se passe dans les médias. «Les gens n'entrent pas dans toutes les subtilités de qui dit quoi, mais ils sont quand même curieux de savoir ce qui se passe.» Selon M. Sauvageau, Le Devoir est le média qui couvre le mieux les différents mouvements de cette industrie, peut-être parce qu'il ne fait partie d'aucun grand groupe de presse.
Aux citoyens alors d'être vigilants et de prendre conscience de quel média offre la nouvelle et dans quel intérêt il le fait.
Radio-Canada prend l'air
Même si le Rouge et Or n'y participera pas, Radio-Canada a décidé de prendre l'air pour célébrer la tenue de la Coupe Vanier à Québec. Vendredi, de 7h30 à 9h, l'équipe de l'émission de radio Première heure invite la population à son tailgate, sur la rue Saint-Jean, et à 18h, le Téléjournal sera diffusé en direct de la Grande Allée. Bien sûr, le match disputé au PEPS de l'Université Laval sera diffusé à la télé de Radio-Canada samedi, à midi.

















