RDI a eu son importance, notamment parce qu'il a partagé des moments marquants de notre histoire, en commençant par le référendum de 1995, mais aussi le déluge du Saguenay, les événements du 11 septembre 2001 et le tsunami en Indonésie. En revoyant ces images hier au lancement de presse, je ne pouvais m'empêcher de repenser à ce que je faisais ces jours-là. Et toutes les fois, je regardais RDI.
Toujours à l'emploi du Réseau de l'information, Geneviève Asselin a ouvert la station le 1er janvier 1995 à 9h. Déjà, dans les premières minutes, l'imprévu s'est imposé : les Russes venaient de prendre le Palais présidentiel de Tchétchénie. L'entrevue avec la correspondante Céline Galipeau était caduque, et la chef d'antenne a dû improviser.
Depuis, j'ai des images de Michel Jean, au coeur de la crise du verglas, et de Sébastien Bovet, pleurant et toussant, enfumé par les bombes lacrymogènes du Sommet des Amériques. Louis Lemieux, dont la carrière a décollé avec les inondations du Saguenay, se fait encore appeler «le gars du déluge», 13 ans plus tard.
Longtemps premier dans les cotes d'écoute, RDI a laissé sa place de leader à LCN, qui l'a dépassé depuis. Cet automne, le Réseau de l'information a obtenu 2,5 % de parts de marché contre 3,5 % pour le Canal Nouvelles de TVA. LCN a d'autant plus de mérite qu'il n'est pas offert sur le service de base des compagnies de câble, alors que RDI est obligatoire.
Les patrons de RDI, qui se vantaient de leurs bons résultats il n'y a pas si longtemps, ont changé de discours, expliquant la domination du Canal Nouvelles de TVA par leur décision de faire davantage dans l'opinion.
«Si on voulait faire la même chose que les autres, je ne suis pas sûr qu'on ferait la bonne affaire», se défend le vice-président principal des services français de Radio-Canada, Sylvain Lafrance.
Le réflexe LCN a néanmoins ébranlé la crédibilité de RDI et l'information de Radio-Canada. On a bien réagi depuis, notamment en mettant à l'antenne 24 heures en 60 minutes avec Anne-Marie Dussault contre Denis Lévesque à LCN, l'une des meilleures décisions des dernières années. Le club des ex de Simon Durivage, qui ne devait rester en ondes qu'un mois, continue de dominer le midi après trois ans.
Parmi la programmation spéciale, on propose deux émissions souvenirs d'une heure intitulées RDI 15 ans en direct, les dimanches 3 et 10 janvier à 20h. On revient notamment sur la mort de Lady Di, annoncée en direct par un journaliste français au téléphone, et sur l'accident d'autobus des Éboulements, raconté par un technicien qui a du mal à retenir ses larmes, même toutes ces années après le drame. On présente également RDI 15 ans de Grands reportages, un florilège des meilleurs documentaires présentés lors de cette émission, le dimanche 17 janvier à 20h.
Autre morceau de choix : Les risques du direct, où Pierre Verville présente les meilleurs bloopers de l'histoire de RDI, le vendredi 1er janvier à 18h30 et à 21h30, de même que le dimanche 3 janvier à 19h30. Mon préféré : quand Christine Fournier remercie le politologue Sami Aoun en l'appelant par erreur Saddam Hussein! Pissant. Pensera-t-on à nous présenter ce lapsus d'un journaliste annonçant que la dépouille de Maurice Richard serait «entreposée» au Centre Molson?











