Très mal servie par le studio 42 ces dernières années - un «cercueil», pour employer l'expression de Patrice L'Écuyer -, la Soirée des Jutra est déménagée cette année à La Tohu, une salle circulaire montréalaise où le public est assis dans des gradins. Un endroit formidable, croit Patrice L'Écuyer, à la condition que le son soit bon. Il promet par ailleurs un décor somptueux. «On n'aura pas à rougir d'aucun gala dans le monde», avance-t-il.
Appelé à la rescousse à la mise en scène, Yves Desgagnés annonce une soirée plus classique, «sans trop d'artifices, de patentages et de clowneries». Celui qui s'illustre surtout au théâtre souhaite mettre l'accent sur les artistes en nomination. Rappelons que l'an dernier, le public avait eu droit à des lectures plutôt ronflantes, notamment la surréaliste prestation de Geneviève Bujold criant «Ka-mou-ras-ka!». À ne plus faire.
Le milieu du cinéma québécois ayant perdu de grands noms cette année - Pierre Falardeau, Gilles Carle, Marcel Simard, notamment -, une portion importante du gala leur sera dédiée. La remise du prix Hommage à René Malo constitue un gros défi, l'homme étant surtout connu dans le monde cinématographique.
Du côté des nominations, l'organisation a fait un grand ménage pour mettre fin aux critiques des dernières années. La présidente de la Soirée des Jutra, Danielle Proulx, militait depuis trois ans pour qu'on instaure un jury ayant visionné tous les longs métrages admissibles à la compétition, et a été exaucée. «Je peux vous dire qu'au début, je n'étais vraiment pas majoritaire dans mon souhait», explique-t-elle. Dix-huit jurés ont été délégués par les associations de techniciens et d'artistes, auxquels se sont ajoutés le cinéaste Michel Brault et l'ex-critique de cinéma Louise Blanchard.
Les cinq productions en nomination pour le Jutra du meilleur film sont 1981, Le jour avant le lendemain (Before Tomorrow), Dédé à travers les brumes, J'ai tué ma mère et Polytechnique, mais pas La donation de Bernard Émond, pourtant salué par la critique.
Présenté le dimanche 28 mars à 19h30, à Radio-Canada, le gala sera précédé dès 19h à ARTV par une émission spéciale, Notre cinéma, où Rebecca Makonnen nous présentera les films en nomination. Pas de tapis rouge cette année. Dès la fin du gala, à La fièvre des Jutra, René Homier-Roy et Anne-Marie Withenshaw rencontreront les gagnants, aussi à ARTV.
À propos de la durée, on promet un gala d'environ deux heures et demie. «On s'entend qu'on devrait faire tous les galas en deux heures», admet toutefois Patrice L'Écuyer. Sorti de Las Vegas, Mégo, le chef d'orchestre de Céline, assurera la partie musicale. Danielle Proulx, Pascale Bussières, Normand D'Amour, Karine Vanasse, Fanny Mallette et Michel Côté comptent parmi les présentateurs, et 16 trophées seront remis en ondes.
Début timide pour Musée Eden
Le premier épisode de la série Musée Eden a attiré la curiosité de 735 000 téléspectateurs, mardi soir à Radio-Canada. C'est moins que La promesse, qui a conservé 899 000 adeptes, à TVA. À l'inverse, le dernier épisode de la saison de Providence à R.-C. a tenu en haleine 1 023 000 fidèles, contre 759 000 pour Rock et Rolland et 630 000 pour Caméra café à TVA. Big Brother ne dépasse pas les 343 000 adeptes à V.











