André Béraud: Los Angeles, Paris, Montréal

André Béraud dirige maintenant le secteur des dramatiques... (La Presse, François Roy)

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André Béraud dirige maintenant le secteur des dramatiques à Radio-Canada.

La Presse, François Roy

Richard Therrien
Le Soleil

(Québec) Il a notamment appris son métier à ABC et à la University of Southern California aux États-Unis, et produit La vie la vie, Temps dur, Hommes en quarantaine, Les aventures tumultueuses de Jack Carter. Après une année à la tête des séries de fiction au réseau le plus regardé en France, TF1, le Québécois André Béraud est revenu au pays l'été dernier pour diriger le secteur des dramatiques à Radio-Canada. Entrevue avec celui par qui passent tous les projets de séries à la télévision d'État.

Q Comment vous êtes-vous retrouvé à la tête des dramatiques de TF1 en France?

R La proposition m'est venue d'un chasseur de têtes, c'était tout à fait inattendu. C'était trop excitant pour que je refuse, une opportunité unique. Et quoi qu'il arrivait, je pourrais toujours retourner à la production. Ça m'amenait à faire de la télé autrement, à continuer mon apprentissage.

Q L'expérience a été de courte durée, un an au lieu des trois prévus. Que s'est-il passé?

R C'est devenu difficile à gérer, et je ne pense pas que mon expertise était ce dont avait besoin TF1. J'ai aussi sous-estimé le fait qu'on ne connaît pas la télévision française, ici. Leur cinéma, leur chanson, oui, mais pas leur télé. En fiction, ils ne font que des téléfilms, c'est complètement différent.

Q Que pensez-vous de ceux qui croient que Les Boys n'ont pas leur place à Radio-Canada?

R Je ne suis pas de ceux qui croient qu'on devrait avoir Six Feet Under tous les soirs de la semaine, il en faut pour tous les goûts. Il ne faut pas oublier qu'à Radio-Canada, on a déjà eu Chez Denise, dont le premier but est de faire rire. On n'est pas toujours obligé de faire de la comédie intellectuelle. Les Boys ont leur place à Radio-Canada, comme Trauma, comme L'auberge du chien noir, etc. La télé d'État doit refléter notre population, nous ne sommes pas une télévision éducative.

Q Quel est votre rapport aux cotes d'écoute?

R Quand on voit que Les Parent joignent 1,2 million de téléspectateurs, on est content. Qu'on ait battu TVA, c'est hors de mon contrôle. Quand on fait une oeuvre de mass media, c'est pour être vu. Les cotes d'écoute, c'est aussi un mal nécessaire. Si on veut avoir de l'argent pour produire des fictions, c'est normal qu'on espère avoir des cotes d'écoute. Mais ce ne sont pas toutes les séries qui ont besoin de faire 1,2 million. Autrement, plein de séries qui nous amènent ailleurs n'auraient pas existé, comme La vie la vie, Les invincibles et Tout sur moi. À Radio-Canada, on peut se permettre d'offrir des choses différentes.

Q TVA dit souvent être pénalisé financièrement par rapport à Radio-Canada pour produire des séries. Qu'en pensez-vous?

R On n'a jamais assez d'argent pour faire de la télévision. C'est un art qui coûte cher, et il n'y en aura jamais assez. Partout. À l'heure actuelle, on fait des fictions à des prix dérisoires, ça pète de partout. Dans les conditions actuelles, les comédiens doivent être bons tout de suite. C'est pour ça qu'on voit souvent les mêmes comédiens.

Q Internet et les DVD nuisent-ils à la télévision?

R Pour avoir du succès sur Internet, il faut d'abord qu'une série marche bien à la télévision, j'en suis convaincu. L'un peut nourrir l'autre. Des fans de Lost ont récemment protesté contre la diffusion en primeur d'un extrait d'épisode sur Internet, et préféraient le voir directement à la télévision.

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