Journée mondiale du théâtre: la scène prend le bac et le bus

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Journée mondiale du théâtre: la scène prend le bac et le bus

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La jeune comédienne Édith Patenaude et l'auteur André Ricard liront les messages international et québécois de la Journée mondiale du théâtre.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

Jean St-Hilaire
Le Soleil

(Québec) C'est maintenant tradition. Dès 7h, le 27 mars, Journée mondiale du théâtre, des escouades de comédiens, des vétérans comme des jeunes, surgissent à bord d'autobus du Réseau de transport de la Capitale et des traversiers Québec-Lévis et débitent des extraits de grandes pièces des dramaturgies québécoise et internationale.

Pas de panique donc si Hamlet, Phèdre, Germaine Lauzon, Nana ou Scapin s'invitent à bord vendredi matin. Ils partageront leurs idées, après quoi ils convergeront vers le Grand Théâtre où, à 9h, dans la galerie, les porte-parole de la manifestation, l'auteur dramatique et écrivain André Ricard et la jeune comédienne Édith Patenaude, liront les messages international et québécois de la Journée mondiale du théâtre, dans l'ordre. L'Institut international du théâtre (IIT) a passé commande du premier au dramaturge et metteur en scène brésilien Augusto Boal, le père du «théâtre de l'opprimé», tandis que le Conseil québécois du théâtre (CQT) a confié la rédaction du mot québécois à l'auteure montréalaise Lise Vaillancourt. Le public est convié à cette courte célébration dont la reprise annuelle est un gage de l'importance cruciale du théâtre pour les gens de scène de Québec.

MILLE REPRÉSENTATIONS

Le théâtre à Québec, c'est une soixantaine de compagnies et collectifs professionnels, et des centaines d'artistes, artisans et travailleurs culturels qui donnent un millier de représentations l'an pour plus de 125 000 spectateurs. Ce volume d'activité est sans commune mesure avec l'offre qui prévalait à l'apparition de l'Estoc, un théâtre qu'André Ricard a confondé en 1957 et dont il a tenu les rênes artistiques 11 ans.

C'était des temps pionniers et de précarité. Aujourd'hui, l'écrivain est «émerveillé de voir émerger le théâtre de Québec dans toute sa diversité». «Et sa pugnacité», ajoute-t-il. Il note qu'à comparer à il y a 15 ans, alors que les salles étaient souvent à moitié pleines, l'achalandage actuel reflète «une progression extraordinaire». «Dans les quatre lieux principaux, y compris Premier Acte, il y a de très bonnes salles la plupart du temps et on peut dire que le théâtre de Québec jouit aujourd'hui de beaucoup d'estime sur le plan national», dit-il.

M. Ricard se demande si l'afflux d'un public neuf n'est pas attribuable en partie à l'action du diffuseur Les Gros Becs. «Le théâtre exige un certain décodage et les Gros Becs, en habituant les enfants à un théâtre peu réaliste et poétique, ont transmis aux

enfants les clés pour décoder aussi le théâtre pour adultes», explique-t-il.

HUMEURS ET RÉFLEXIONS

Au soir de cette Journée mondiale, quelques rendez-vous s'offriront à qui veut approfondir ses notions de la scène.

À Premier Acte (20h), l'auteur et metteur en scène Christian Lapointe et les comédiens Sylvio-Manuel Arriola, Maryse Lapierre, Olivier Lépine, Jocelyn Pelletier et Alexandrine Warren se prêteront à une soirée Humeurs et réflexions au cours de laquelle ils liront des textes de Wajdi Mouawad, de Brigitte Haentjens, de Larry Tremblay, de Nancy Houston et de plusieurs autres auteurs et praticiens de la scène. Le dramaturge Hanna Abd El Nour animera une discussion en complément. On suggère une contribution volontaire de 10 $.

Si c'est la représentation proprement dite qui vous tente, vous avez le choix de quatre productions professionnelles ce soir-là. Le Périscope propose Nature morte dans un fossé (salle principale) et DIX anatomie d'un désordre (studio Marc-Doré), le Trident L'asile de la pureté et Les Gros Becs Hikikomori.

On pourra aussi passer au Théâtre du Conservatoire d'art dramatique de Québec où les élèves de première et deuxième années de l'institution présenteront Le temps de dire, collage de textes d'anciens de la maison (qui fête ses 50 ans) mis en scène par Linda Laplante. L'entrée est de 5$.

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