Un gamin en pyjama rêvasse devant le téléviseur, qu'il gave de cassettes de Disney et produits apparentés et de vidéoclips. Papa et maman le dirigent vers le hockey, lui, il rêve de chanson.
Tout solitaire qu'il est, il vagabonde dans de naïfs rêves de star jusqu'à ce qu'à 12 ans, au milieu d'un solo, dans l'église de son village, il perde sa voix de soprano et du coup la foi en Dieu.
Simon est différent. D'où son insistance à raconter au «il» une histoire que nous transposons sur-le-champ au «je», avec son approbation, peut-on dire, car il coupe vite court aux cachotteries sur son orientation sexuelle et son côté narcissique. S'il convoque Mozart, la Callas et Whitney Houston, c'est moins pour comparaison que pour exprimer avec lyrisme ses soifs de beauté et d'absolu.
La danse remplace du reste le chant dans le désir d'expression de celui qui, tout en affirmant vouloir que sa vie soit «une fin de film à chaque fois», marque une touchante pudeur dans l'affirmation de sa différence. «Il n'y avait pas beaucoup de mépris...» dit-il, en évoquant sa première prestation de danse à son école.
Ludique, donné avec quelques accessoires, des dessins et des écritures à la craie, le spectacle a besoin de resserrement, mais il recèle de belles qualités de poésie et d'émotion.











