La cousine Germaine: la tornade américaine

  • Taille du texte
  • Imprimer
  • Envoyer

    Vous pouvez indiquer plusieurs adresses séparées par des virgules.

    Le commentaire peut contenir un maximum de 1500 caractères.

    Transfert des données
    Merci:

    Votre message a bien été envoyé!

    Pour envoyer à d'autres amis, cliquez ici

<i>La cousine Germaine</i>: la tornade américaine

Agrandir

Corinne Chevarier, Émilie St-Germain et Éric Cabana font rire ferme dans la pièce de théâtre La cousine Germaine.

Le Soleil, Patrice laroche

Jean St-Hilaire
Le Soleil

(Québec) Après Sacrée famille en 2007, le Théâtre Beaumont Saint-Michel (TBSM) propose cet été une nouvelle comédie de l'auteur américain d'origine néo-brunswickoise Carl Ritchie, La cousine Germaine.

Écrite pour le TBSM, la pièce joue sur le comique de la confrontation de gens très contrastés, ce à quoi se prête une petite famille rangée appâtée par l'argent, beaucoup d'argent. Le texte se remarque surtout par la caractérisation réussie du personnage-

titre dont l'esprit sans-gêne suscite des dialogues pétillants et pleins de verdeur.

Même si on rit ferme au spectacle des mots et des caprices de Germaine, le spectacle mis en scène par Michel Poirier cherche encore son souffle par moment. Peut-être parce que la chronique des souvenirs d'une adolescente qui le fonde reste en demi-teinte. Le prologue passé, la jeune Sophie ne s'adresse au public que deux fois. Le vécu l'emporte sur l'évoqué, ce qui n'est pas mal en soi, mais on en oublie un peu, tout de même, que cette étonnante histoire sort de la tête sans doute imaginative de la petite. Il faut dire aussi que jeudi, les conditions de représentation ont pu fausser notre perception du rythme. Un violent orage a sévi au début de la seconde partie, on en perdait presque les voix. Une panne de courant a causé une interruption, heureusement de cour­te durée. Mais ce serait bouder son plaisir que de trop prêter foi à ces réserves, la couleur ne manque ni à l'oeil ni à l'oreille.

Tout bascule dans la maisonnée de Thomas et d'Évelyne le jour où le couple recueille Gin (Germaine), une vieille cousine obscure mais riche, que la mort d'un énième mari ramène de Las Vegas à son Québec natal. Danielle Proulx compose de son art tout en assurance et justesse cette jeune octogénaire mythomane et au style tapageur, charmeuse tout en se révélant un redoutable moulin à sarcasmes, qui traite la petite du logis comme une demeurée et impose son portrait à la Warhol à ses hôtes. L'actrice a traduit le texte. Très bien du reste. Elle émaille les répliques de son personnage de franco-américaine de courtes locutions anglaises, ce qui le rend d'autant plus crédible.

En fait, Gin est un concentré de nos vieilles perceptions boursouflées de la parente partie chercher aventures et fortune aux États. Et avec elle, c'est une tornade qui s'est engouffrée dans la demeure fidéenne de notre couple. En deu­xième partie, du reste, le décor accuse bien son emprise complète sur les lieux, envahi qu'il est par le kitsch. Et en une manière de Pygmalion à l'envers, la vieille dame indigne, qui a désormais Sophie dans sa manche, initie cette jeune fille sage et studieuse aux plaisirs des sorties et de la culture pop.

Jeu sympathique

Émilie St-Germain interprète Sophie. La jeune comédienne a été gagnée par la nervosité une couple de fois jeudi. Elle doit croire en ses moyens, car elle bouge bien, elle a une belle présence et son jeu est très sympathique.

Corinne Chevarier et Éric Cabana prêtent l'équilibre de mise au couple «sinistré» par la tornade Gin, tandis qu'en prétendant de Gin, Michel Poirier compose un gus délicieusement folk­lorique, élégant comme tout dans ses pantalons ceints en haut du nombril, et plus risible encore dans sa métamorphose de la scène finale.

D'ailleurs, soulignons le punch scénique des deux apparitions qui ponctuent la pièce. La première, assez étonnante, vient casser l'image de grabataire qu'on a cru accueillir en Gin, tandis que l'autre marque la réalisation loufoque d'un de ses grands fantasmes. Soulignons en terminant l'à-propos du visuel de ce spectacle, des accessoires et des colorés costumes de la très extrovertie Gin surtout.

La cousine Germaine, texte de Carl Ritchie. Traduction de Danielle Proulx. Mise en scène de Michel Poirier. Avec Émilie St-Germain, Corinne Chevarier, Éric Cabana, Danielle Proulx et Michel Poirier. Décor et accessoires de Vanessa Cadrin, costumes de Catherine Gauthier, perruques et coiffures de Martin Alarie, éclairages de Lucie Bazzo, chorégraphies de Jocelyn Coutu et bande sonore de Michel Poirier. Une production vue jeudi, au Théâtre Beaumont Saint-Michel. À l'affiche du mardi au samedi, tout l'été. Réservation au 418 (1 866) 884-3344

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer