Semestre romain pour le scénographe Jean Hazel

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Semestre romain pour le scénographe Jean Hazel

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Jean Hazel souhaite, pendant ces six mois à Rome, «découvrir le spectacle qui te donne une autre vision, qui t'apporte du carburant pour les 20 prochaines années», mais aussi «faire une rencontre qui créera une coproduction».

Photothèque Le Soleil, Jocelyn Bernier

Jean St-Hilaire
Le Soleil

(Québec) Affairé plus que jamais après 24 ans de création, le scénographe Jean Hazel se paie du temps. Ces six prochains mois, il occupera le studio du Québec à Rome. Il part le 7.

Il marque là une pause active. Il s'exile temporairement pour nourrir sa pratique et mieux revenir. Son séjour là-bas sera dévolu aux échanges avec des collègues, à l'avancement de ses projets et à la réflexion sur la création et sur l'approfondissement de son rôle d'animateur artistique.

Jean Hazel appartient à la race rare au Québec des plasticiens directeurs artistiques d'une compagnie de théâtre. Depuis 2003, il dirige à Québec le Théâtre Blanc. Il a succédé à Gill Champagne, son homologue au Trident.

Pourquoi Rome, et non pas New York, Paris, Londres, Berlin et Tokyo, toutes villes où le Québec a un studio d'artiste?

«Je connais Paris et j'ai pensé qu'un peu de dépaysement me ferait du bien, répond-il. J'ai choisi Rome parce que c'est un lieu qui compte en architecture, et aussi parce que l'Italie est excellente en design et que c'est une grande place d'opéra, art auquel je m'intéresse de plus en plus. Et puis de Rome, on peut se rendre rapidement un peu partout en Europe. Je vais rayonner.»

Rencontres

Au Blanc, Jean Hazel poursuit l'objectif de faire de la scénographie «le pivot» de sa direction artistique et du processus de création de son théâtre. En Europe, les plasticiens à la tête de compagnies dramatiques ou metteurs en scène ne manquent pas. Il veut voir «comment ils abordent le travail, comment ils entrevoient le développement de leur compagnie».

Il se propose donc de multiplier les rencontres. En Italie même, Romeo Castellucci, artiste visuel devenu directeur d'un théâtre qui tourne beaucoup à l'étranger, est une référence précieuse qu'il ne manquera pas de consulter. Franco Dragone, avec qui il a adoré travailler au Potager des visionnaires aux Fêtes du 400e, en est une autre. Sa compagnie a pignon sur rue en Belgique, mais les deux hommes vont se rencontrer dans le petit village de montagne natal de Dragone, en Campagnie, à une heure et quelque de Rome.

Hazel se déplacera aussi à Paris pour échanger avec l'éminent scénographe metteur en scène Yannis Kokos. Et à Genève pour revoir ses vieux collaborateurs et amis Philippe Morand et Maryvonne Joris du Théâtre Le Poche. Il envisage aussi le détour par Madrid où son collègue québécois Carl Fillion exerce depuis quelques années. Enfin, il assistera à quelques festivals, à commencer par celui des Deux Mondes de Spoleto qui sera en cours à son arrivée à Rome.

Jean Hazel a deux grands désirs à l'approche de son semestre romain : «Découvrir le spectacle qui te donne une autre vision, qui t'apporte du carburant pour les 20 prochaines années» et, le Blanc étant un habitué des échanges internationaux, «faire une rencontre qui créera une coproduction». Mais il n'y pense pas trop à celle-là, il veut qu'elle s'impose de soi, conscient que les coproductions internationales fructueuses sont toujours les fruits d'envies réciproques très fortes.

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