Wajdi Mouawad, notre plus grand dramaturge contemporain et ambassadeur sur la scène internationale avec Robert Lepage et Denis Marleau, résume ainsi le propos de ses quatre pièces. «Les promesses, celles que l'on fait, celles que l'on tient et les autres que l'on n'arrive pas à tenir, celles qui nous mettent en déroute...»
Il s'agit «d'une oeuvre monumentale et épique, à l'écriture lyrique», disait mercredi Marie Gignac, la directrice artistique du Carrefour, lors du dévoilement de cet avant-goût du 11e Carrefour. Notre collègue Josianne Desloges, qui a aussi assisté à la présentation au 63e festival d'Avignon l'été dernier, parlait d'un spectacle «mémorable et magique».
La présentation se déroulera en deux temps. L'imposante trilogie - Littoral, Incendies et Forêts - sera présentée en clôture du Carrefour, le 12 juin, au Grand Théâtre de Québec. Il s'agira de la dernière incarnation en continu de ce marathon théâtral de 12 heures.
On commencera par la fin pour Ciels : ce contrepoint des trois premières parties sera servi en ouverture pendant quatre soirs, à compter du 28 mai. L'imposant dispositif scénique, un cube ouvert sur les spectateurs, requiert une salle à sa convenance. Les représentations auront donc lieu à l'aréna Bardy de l'arrondissement Beauport.
L'autre production exceptionnelle à l'affiche cette année, les Tragédies romaines, réunira Coriolan, Jules César et Antoine et Cléopâtre sur la scène du Grand Théâtre, les 3 et 4 juin. Marie Gignac ne tarissait pas d'éloges sur son metteur en scène «absolument génial», Ivo van Hove, et les acteurs «fabuleux» de la Toneelgroep Amsterdam.
Frontière abolie
Dans cette mise en scène contemporaine, on a aboli la frontière entre la scène et la salle, si bien que les spectateurs sont invités à entrer dans les coulisses du pouvoir : ils peuvent circuler librement sur scène, s'asseoir dans de grands canapés et même y casser la croûte!
Adoptant la forme des rencontres internationales de haut niveau, les scènes sont filmées par 12 caméras et retransmises sur écran géant. Ces écrans servent aussi aux surtitres français puisque les pièces sont interprétées en néerlandais.
«C'est un spectacle fascinant qui nous laisse pantois et transforme notre rapport à la chose théâtrale et politique», estime la directrice artistique. Plus encore, «ce sont deux oeuvres uniques qui se rejoignent dans leur démesure et qui se répondent», croit Marie Gignac. Le sang des promesses «explore le côté privé de l'individu face à l'histoire et au monde alors que les Shakespeare montrent comment les hommes politiques envahissent la sphère privée».
À ces deux tours de force s'ajoute le parcours déambulatoire, qui a connu un succès considérable l'an dernier et qui sera de retour. L'ensemble de la programmation de la 11e présentation, du 25 mai au 12 juin, sera dévoilé le 8 avril.













