Toc toc: les toqués de la salle d'attente

Cette comédie grinçante cherche à démystifieret à dédramatiser... (Juste pour rire)

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Cette comédie grinçante cherche à démystifieret à dédramatiser les troubles obsessifs compulsifs(TOC).

Juste pour rire

Éric Moreault
Le Soleil

(Québec) «C'est pas parce qu'on rit que c'est drôle», décrit parfaitement la particularité de la pièce Toc toc. Cette comédie grinçante, qui cherche à démystifier et à dédramatiser les troubles obsessifs compulsifs (TOC), peut s'avérer particulièrement touchante, estime le comédien Marcel Leboeuf.

Toc toc se déroule dans une salle d'attente où sont réunis une demi-douzaine de patients souffrant de TOC plus étranges les uns que les autres : peur des maladies, peur des lignes... Le personnage de Marcel Leboeuf, lui, est obsédé par les chiffres : il compte tout, tout le temps. Il a aussi une particularité. Dans sa mouture originale, il était joué par Laurent Baffie, l'auteur de la pièce, mieux connu pour son rôle de fou du roi à l'émission Tout le monde en parle en France.

Baffie a une connaissance intime du sujet : «Il souffre de cette maladie! Sur scène, il traînait une calculette et il comptabilisait le nombre de rires», révèle Marcel Leboeuf. Le chauffeur de taxi qu'il interprète est donc un méchant numéro! «Il dit d'emblée : "C'est pas moi qui a un problème, c'est ma femme." Elle dit que c'est une manie, lui, un hobby. Ça donne une belle couleur au personnage.»

Le reste est à l'avenant. Edgar Fruitier, par exemple, se glisse dans la peau d'un patient qui est atteint de la forme extrême du syndrome de la Tourette, celle avec les tics et les bordées d'injures incontrôlables. «Ce sont 1 % de ceux qui en souffrent qui s'expriment comme ça. Un jour, il y a un jeune de 14 ans qui est venu nous voir, c'était tellement touchant. Il pleurait, il pleurait. Il nous a dit : "C'est la première fois que je vois du monde qui comprennent ce que je vis." Il souffrait beaucoup de ça à l'école... T'as pas idée comment il fait rire de lui.»

Travail d'éducation

Malgré tout, le rire dans Toc toc a un effet libérateur, voire thérapeutique. «Ça démystifie le sujet, ça rend ceux qui en souffrent sympathiques, à la limite. La pièce a un petit côté magique. Et c'est aussi un travail d'éducation, à travers l'humour. Elle ne rit pas des gens qui souffrent de TOC. Il y en a plusieurs dans la salle. Souvent, ils vivent de l'incompréhension. La pièce dédramatise.»

Voilà, en partie, ce qui explique le succès de la pièce - «elle est bien écrite et bien ficelée» - pour reprendre les mots de Marcel Leboeuf. Mais il y a aussi la belle brochette de comédiens. Et le fait que la distribution est très unie, puisqu'elle est restée pratiquement la même depuis la création québécoise, il y a trois ans. Pascale Montpetit a quitté la production pour s'occuper de l'enfant qu'elle a adopté l'été dernier. Danielle Lorain la remplace.

«On est soudé comme une chaîne de bicycle. Quand il y en a un qui manque une ligne, la chaîne débarque», dit en riant Marcel Leboeuf pour décrire leur complicité. Le comédien est particulièrement fier de partager la scène avec Edgar Fruitier et Elisabeth Chouvalidzé, deux comédiens à l'imposante feuille de route. Il veille d'ailleurs sur ces derniers, puisque les acteurs restent sur scène tout au long de la pièce. Il leur donne parfois des verres d'eau à même le distributeur de la salle d'attente, ce qui ne fait pas partie du texte...

«Il y a aussi des jeunes qui sortent tout juste de l'École. Ça forme un bel équilibre, tout en étant représentatif de la société et des gens qui souffrent de ces maladies», estime Marcel Leboeuf.

Cette thérapie de groupe, aux effets inattendus, connaît un succès à répétition, peu importe l'endroit où elle est jouée. Ce qui explique l'enthousiasme et le plaisir des comédiens à endosser le rôle de leurs toqués. «Oui! En mausus! Il y a eu de bons espaces entre les fois où on a joué, quand même. On avait hâte de repartir en tournée. Ça, c'est un signe qui ne trompe pas, quand il y a un engouement de la gang à se retrouver sur scène. Et le public ne peut faire autrement que le ressentir.»

Vous voulez y aller?

QUOI : Toc toc

QUAND : 12 et 13 mars, 20h

OÙ : salle Albert-Rousseau

BILLETS : 42 $

TÉL. : 418 659-6710

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