SOI au complexe méduse: Maxime et moi

Éric Moreault
Le Soleil

(Québec) SOI propose aux spectateurs un séjour aux soins psychiatriques en compagnie de Frédérique, une schizophrène, et son alter ego Maxime. Loin de nous déstabiliser par son sujet ou son traitement de la folie, la pièce s'avère malheureusement trop convenue et n'amène rien de neuf qui n'ait déjà été exploité à la scène à ce sujet.

Frédérique (très juste Isabelle Dionne) attend la visite de sa mère lorsqu'elle amorce un dialogue à sens unique avec Maxime (l'auteure et metteure en scène Caroline Marois). Comme cette dernière est muette comme une tombe, il est facile d'imaginer qu'il s'agit d'un produit de l'imagination de Frédérique.

Le problème avec SOI loge d'ailleurs dans le texte, qui s'avère un long monologue qui finit par être répétitif. Malgré tous les efforts d'Isabelle Dionne dans ce rôle ingrat pour nous transmettre le mal de vivre de Frédérique, sa douleur ne parvient pas à nous atteindre. Il est, par ailleurs, difficile de croire qu'on laisse des ciseaux en possession de Maxime, qui s'en sert pour taillader frénétiquement des pansements.

De plus, on se demande où l'auteure veut en venir alors qu'elle veut aborder la question de la normalité : son propos ne transcende pas la maladie et ses conséquences les plus concrètes, dont les voix qu'entend Frédérique.

De bonnes idées

Ce qui est dommage, car il y a de bonnes idées de mise en scène à ce chapitre. Notamment l'utilisation des sept autres patients qui servent de haut-parleurs pour faire entendre les voix qui hantent Frédérique. Mais comme la schizophrène n'a aucune interaction avec «les autres», à part l'infirmier, ceux-ci finissent par être sous-exploités. Dommage, car les moments poétiques naissent de leurs lents déplacements, qui forment un tableau vivant assez saisissant.

Ces autres, prisonniers de la salle commune et de leurs fabulations, errent dans une réalité parallèle, avec leurs seuls tics et manies pour les conforter. Au point où on se surprend à décrocher et à les observer.

L'espace restreint du Studio d'essai du complexe Méduse est bien exploité. Sans décor, si ce n'est trois chaises et une toilette comme accessoires pour évoquer la salle commune des patients, les projecteurs qui s'éteignent et se rallument marquent le passage des scènes.

Hier soir, la proposition n'a pas convaincu les spectateurs, qui ont réservé des applaudissements polis à la production, sans plus.

SOI est à l'affiche du Studio d'essai du complexe Méduse jusqu'au 28 mars.

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