La fin du porno conventionnel?

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Accros du porno
Accros du porno

Internet a chamboulé la consommation et la production de pornographie. Bienvenue dans le monde du sexe 2.0 »

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Éric Moreault
Le Soleil

(Québec) La très rentable industrie de la pornographie américaine craint comme la peste que les films amateurs réduisent sa marge de profit. Une crainte probablement injustifiée puisque le phénomène est somme toute marginal et qu'il y aura toujours des clients qui préféreront voir des «experts» à l'oeuvre. D'ailleurs, les stars du porno n'ont pas tardé à contre-attaquer.

De la même façon qu'il y a encore plein de gens qui préfèrent acheter le CD d'un artiste établi (ou le télécharger) plutôt que de fouiller sur MySpace à la recherche de la saveur du jour underground, il y en aura toujours qui opteront pour les produits de l'industrie du sexe. Vrai que les vidéos aux images floues, mal éclairées et au cadre sautillant ne sont pas toujours invitantes, sans parler que certaines brisent tous les records de vulgarité.

L'avantage, toutefois, c'est que ces vignettes brisent les stéréotypes de l'industrie - notamment celui de la grande blonde aux gros seins siliconés. Il y en a pour tous les goûts. C'est la démocratisation de l'éroticopornographie, pour reprendre l'expression de l'expert Michel Dorais.

Les amateurs ne sont peut-être pas si nombreux qu'il n'y paraît. «C'est [souvent] les pros qui se la jouent à l'amateur», nuance Patrice Corriveau, professeur adjoint à l'Université d'Ottawa. La différence entre les véritables amateurs et les professionnels du sexe sur les sites du porno 2.0 est évidente. Dans ce dernier cas, il y a souvent un semblant de scénario - qui table sur les fantasmes récurrents du genre -, des mouvements de caméra et, surtout, une image d'une qualité nettement supérieure.

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Le but : attirer le voyeur sur un autre site, payant celui-là. D'ailleurs, les sites «gratuits» ne le sont qu'en apparence. Ils débordent de publicité. À chaque clic d'un internaute sur cette publicité, les sites reçoivent une redevance. «Si ce n'était pas payant, les sites ne dureraient pas aussi longtemps», fait remarquer M. Corriveau.

En fait, ce qui devient problématique pour l'industrie de 10 milliards $ par année aux États-Unis, c'est que des internautes versent dans les sites gratuits des vidéos payantes qu'ils ont téléchargées. Et comme dans les autres secteurs de l'industrie du divertissement, on entonne de plus en plus le refrain de la question des droits d'auteur et des redevances...

Là comme ailleurs, l'industrie devra changer et s'adapter. Vu les sommes en jeu, elle le fera - elle s'y évertue déjà.

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